La Chaux-de-Fonds : « Lorsque la tempête frappe, les oiseaux se cachent »

Les arbres des forêts et de la ville de La Chaux-de-fonds ont subi de lourds dégâts face à ...
La Chaux-de-Fonds : « Lorsque la tempête frappe, les oiseaux se cachent »

Les arbres des forêts et de la ville de La Chaux-de-Fonds ont subi de lourds dégâts face à la tempête du 24 juillet. Beaucoup d'oiseaux auraient survécus, mais leur habitat a été détruit. La manière de reconstruire les toits et replanter les arbres sera importante pour les nicheurs

Photo d'illustration. (Station ornithologique suisse) Photo d'illustration. (Station ornithologique suisse)

 

Des arbres à terre, des toits détruits, les oiseaux de la Chaux-de-Fonds ont vu certains de leurs habitats s’envoler avec la tempête destructrice du 24 juillet. À quel point les volatiles des montagnes ont été impactés ? Difficile d'avoir une vision globale pour l'instant.

Le Service de la faune, des forêts et de la nature du canton de Neuchâtel n’a pas constaté d’impact pour l’instant, mais il explique ne pas encore avoir eu accès aux forêts, trop dangereuses. La station de soins du Muzoo n’a reçu qu’une dizaine d’oisillons et oiseaux blessés, mais les bêtes mortes ne lui sont pas remises, difficile donc de chiffrer les dégâts.

Et selon l’ornithologue Michel Amez Droz, expert des oiseaux des parcs de La Chaux-de-fonds les étudiant depuis 14 ans, beaucoup auraient survécu : « Deux jours après la tempête, il y avait beaucoup d'oiseaux dans les parcs des Crêtets et le parc Gallet. Mais leur milieu a été totalement détruit, impossible de savoir quelle sera la situation au printemps prochain. La Chaux-de-Fonds a uen grande richesse d'espèces d'oiseaux urbains : 31 espèces nicheuses et près de 90 en migration ».

Comment ont-ils survécus ? Chloé Pang, porte-parole de la station ornithologique suisse, explique que lorsque la tempête ou l’orage frappe, les oiseaux s’abritent en attendant qu’elle passe. Mais en période de nidification, les petits sont plus vulnérables et ne peuvent pas se déplacer, surtout s’ils ne savent pas encore voler. Dans le cas de La Chaux-de-Fonds, elle détaille : « en forêt, la période de nidification est terminée. Donc c’est tant mieux pour les petits oiseaux des forêts. En ville cependant, il y a de nombreux nicheurs en bâtiments, comme les martinets noirs. Et à cette période, la migration avait déjà commencé : il est possible que certains jeunes retardataires aient été touchés par la tempête ».

 

Chloé Pang : « En forêt, la période de nidification est terminée. En ville par contre, tous les jeunes ne se sont pas encore envolés »

 

Parmi les autres nidificateurs, le rougequeue à front blanc niche dans des grands et vieux arbres dans les quartiers verts. Un projet les cartographie. « Il faudra évaluer combien la tempête a eu un impact sur ces arbres qui avaient été identifiés comme de bons habitats pour le rouge-queue à front blanc », explique Chloé Pang. Et selon Michel Amez Droz, repartir avec un milieu pionnier pourrait même favoriser cette espèce. Par contre, deux nichées de Gobemouche noir avaient été repérés cette année par l'ornithologue : l'espèce est sensible et aime les parcs, son avenir est incertain. Comme celui de la Grive Litorne. « 20 couples nichait en hauteur, au parc des Crêtets ils se nourrissaient dans le gazon de la piscine. Ils risquent de ne plus venir. » explique Michel Amez Droz.

 

Chloé Pang : « Des sites de nidifications, arbres et bâtiments, ont été perdus»

 

La reconstruction sera importante pour les oiseaux, selon les deux experts. « Le plus important pour eux, c’est d’avoir un habitat à leur convenance. J’imagine que les actions sont de toute façon prévues, car les premières victimes restent la population. En reconstruisant les toits et replantant les arbres on recréera des habitats... Pour autant que ce soit fait selon les règles de l’art en matière de protection de la nature : planter des espèces indigènes et offrir des endroits pour nicher sur les maisons, comme avec des nichoirs ou des caches », précise Chloé Pang. Michel Amez Droz explique qu'une quarantaine de nichoirs avaient été installés et plusieurs ont été détruit. Les réinstaller serait bénéfique.

 

Chloé Pang : « Réparer des bâtiments et replanter les arbres redonnera un habitat aux oiseaux, pour autant que ce soit fait selon les règles de l'art en protection de la nature »

 

Avec le changement climatique, ces événements extrêmes sont appelés à se multiplier, combinés avec la hausse des températures. Chloé Pang explique : « C’est pour le moment assez difficile de dire quel sera l’impact sur les oiseaux, les effets de ces événements sur l’avifaune sont peu étudiés. À court terme, les oiseaux peuvent se déplacer. A long terme, on sait que ces événements vont modifier le paysage, donc les habitats. Et les espèces plus rares et très spécialisées, avec une nourriture très spécifique, et très exigeantes en termes d’habitat, vont moins bien s’accommoder des changements de conditions environnementales. »

 

Chloé Pang : « Les effets de ces événements, multipliés avec le changement climatique, ne sont pas encore beaucoup étudiés »

Tout constat sur des dégâts en lien avec la faune peut être signalé au Service de la faune, des forêts et de la nature. /mde


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