Stop aux renvois Dublin vers la Croatie

Les permanences de Droit de rester Neuchâtel, Fribourg et Vaud demandent dans une lettre ouverte ...
Stop aux renvois Dublin vers la Croatie

Les permanences de Droit de rester Neuchâtel, Fribourg et Vaud demandent dans une lettre ouverte au Secrétariat d'Etat aux migrations l’arrêt immédiat de ces procédures. Elles dénoncent des violences et des discriminations exercées par la police croate sur les migrants

Plusieurs migrants ont témoigné mercredi à Neuchâtel des violences policières vécues en Croatie. (Photo: Droit de rester). Plusieurs migrants ont témoigné mercredi à Neuchâtel des violences policières vécues en Croatie. (Photo: Droit de rester).

Droit de rester Neuchâtel, Fribourg et Vaud dénoncent les renvois Dublin vers la Croatie. Ces associations de défense et d’aide aux migrants demandent, dans une lettre ouverte au Secrétariat d’État aux migrations, de stopper ces renvois. Lors d’une conférence de presse organisée mercredi matin à Neuchâtel, elles ont relevé que d’innombrables renvois sont actuellement prononcés et exécutés vers la Croatie, où des violences policières sont commises en toute impunité. Droit de rester reçoit par ailleurs depuis plusieurs semaines, des dizaines de récits de personnes et de familles ayant subi ces violences. Certaines d’entre elles ont témoigné ce mercredi devant la presse. Elles font état de viol, de violences physiques et de vol de la part de la police croate. Pour préserver leur anonymat, la rédaction a décidé de relater elle-même leurs propos.

Plutôt que de renvoyer les migrants, Droit de rester demande à la Confédération de sortir de son « formalisme excessif » et de recourir à la « clause de souveraineté ». Elle permet à un État de renoncer au transfert d'un requérant d'asile vers le pays responsable et de traiter lui-même la demande.

Contacté, le SEM relève que tant le Secrétariat d’État aux migrations que la jurisprudence ne partent pas du principe que le système d'asile croate présente des faiblesses systémiques. Il dit appuyer son appréciation sur différentes sources. Il poursuit qu’une suspension des transferts vers la Croatie n'est donc pas indiquée pour l'instant. Le SEM précise examiner soigneusement chaque demande d'asile et évaluer au cas par cas si le retour dans un État Dublin est admissible et raisonnablement exigible. Ce que conteste Droit de rester.

Sophie Guignard, secrétaire générale de Solidarité sans frontières et membre bénévole de Droit de rester Fribourg se dit révoltée par la non-prise en considération de la souffrance des personnes qui ont subi ces violences. Elle relève que le SEM ne les croit pas, leur reproche de ne pas avoir assez documenté leur histoire et d’exagérer les faits. Ce qui est pour elle « une violence supplémentaire qu’on fait à ces personnes en niant leur vécu ».

Droit de rester va maintenant s’approcher des politiques pour appuyer et relayer ses revendications. /sma


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