Escroquerie à la BCN : l'heure des questions 

Incompréhension, surprises, étonnement : l’escroquerie d’une dizaine de millions de francs ...
Escroquerie à la BCN : l'heure des questions 

Incompréhension, surprises, étonnement : l’escroquerie d’une dizaine de millions de francs à la Banque cantonale neuchâteloise, révélée mercredi, interpelle du politique aux milieux bancaires et aux sociétés d’audit. Certains partis veulent que le Conseil d'État ouvre une enquête en plus de celle menée par la BCN

L'escroquerie dont a été victime la BCN fait réagir dans le canton. (Photo d'illustration) L'escroquerie dont a été victime la BCN fait réagir dans le canton. (Photo d'illustration)

Comment le cadre de la Banque cantonale neuchâteloise a-t-il pu agir ainsi pendant une dizaine d’années ? L’information est sortie mercredi : l’ancien responsable de la trésorerie et du négoce à la BCN est soupçonné d’avoir escroqué l’établissement bancaire de 2013 à 2021. Le préjudice se monte à une dizaine de millions de francs selon le Ministère public.

Comment a-t-il pu agir aussi longtemps et pour une somme aussi importante ? C’est la question que tout le monde se pose. Pour une personne active dans le milieu bancaire, monter des escroqueries est très difficile avec tous les contrôles dont les banques font l’objet. Selon lui, il s’agit soit d’une défaillance du processus de contrôle, soit d’une complicité au sein de la banque. Une hypothèse que le Ministère public aurait écartée, selon le Blick. Reste la défaillance, comme l'explique Claude Burgdorfer, expert-comptable diplômé et associé et fondateur de reviXpert 

Claude Burgdorfer : « Une faille dans les contrôles est avérée »

Les partis veulent des réponses 

Du côté des partis politiques neuchâtelois, par la voix de leurs présidentes et présidents, c’est aussi la consternation et l’incompréhension qui dominent. Certains se posent des questions de fond sur le fonctionnement de l’institution, comme le POP. La majorité des formations relèvent toutefois qu’il s’agit du fait d’un individu et pas de l’établissement. Ils pointent tout de même les failles du système. Le Parti socialiste souhaite que le Conseil d’État mène une enquête en plus de celle ouverte par la banque cantonale. Le POP estime qu’elle serait légitime sur le principe. Une option que Laurent Kurth, chef des finances, balaye. Il relève que le Conseil d’État, même s’il représente le seul et unique actionnaire, l'Etat de Neuchâtel, n’intervient pas dans la gestion de la banque. Il a en revanche demandé au Conseil d’administration de lui rendre des comptes. Laurent Kurt, président du Conseil d’État et ministre en charge des finances : 

Laurent Kurth veut des réponses claires sur cette affaire   

Le PLR, les Verts et les Verts’libéraux estiment, comme Laurent Kurth, que l’État ne doit pas s’immiscer dans la gestion de la BCN mais ils attendent de lui qu’il fasse toute la lumière sur cette affaire. De son côté, le Centre estime qu'il est trop tôt en l'état actuel pour se prononcer clairment sur la question. L'UDC indique qu'il restera attentif à l'évolution de la situation et ne souhaite pas intervenir au niveau du plénum pour l'instant.

Dans un communiqué publié mercredi, la banque relève qu’aucun client n’a été lésé. Ce qui n’est pas tout à fait exact, comme l’explique Claude Burgdorfer :

Claude Burgdorfer :  « Il y a tout de même un impact sur les comptes »

La BCN, épinglée par certains pour son manque de transparence relève, par la voix de sa responsable communication Marie-Laure Chapatte, que l’établissement a voulu privilégier l’enquête à la communication. Elle précise également que des mesures ont déjà été prises que ce scénario ne se reproduise pas. /sma


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