Des escrocs arrivent à nous appeler en affichant le numéro de n’importe qui, y compris d’une banque, sur nos téléphones, alors qu’il n’en est rien. Une quinzaine de ces fraudes ont été dénoncées à la Police neuchâteloise cette année, pour des préjudices allant de quelques centaines à quelques milliers de francs. La législation va changer au 1er janvier 2026, pour stopper ce type d’arnaques.
Attention aux arnaques au nom des banques ! Le phénomène n’est pas nouveau et la Police neuchâteloise a enregistré une quinzaine de plaintes cette année pour des personnes qui se sont fait voler entre quelques centaines et quelques milliers de francs. Les escrocs utilisent une méthode appelée le spoofing pour vous contacter par téléphone. Sur votre écran s’affiche le nom d’une banque, mais au bout du fil, aucun vrai employé de l’établissement, mais une personne qui cherche à vous soutirer de l’argent. « Ils ont un logiciel qui permet de faire croire au téléphone qui va recevoir l’appel qu’ils utilisent un numéro X ou Y qui n’est pas le leur », explique Steven Bill, le responsable de la brigade des cyber enquêtes de la Police neuchâteloise. Une pratique qui ne devrait plus exister dès le 1er janvier 2026 : les opérateurs mobiles auront l’obligation légale d’indiquer que le numéro est « inconnu ou masqué ».
Steven Bill : « Les escrocs ont toujours une imagination débordante. »
Deux scénarios sont particulièrement utilisés, explique Steven Bill. Les escrocs peuvent soit essayer d’obtenir des informations de connexion à votre e-banking, soit vous convaincre de « mettre votre argent à l’abri » en effectuant un versement, développe le responsable de la brigade des cyber enquêtes de la Police neuchâteloise.
« C’est vous qui allez sur votre e-banking, mais c’est eux qui vont l’exploiter. »
Du côté de la Banque cantonale neuchâteloise (BCN), qui voit son numéro, comme celui d’autres établissements bancaires, spoofé par des escrocs, elle relève la professionnalisation de ces arnaqueurs. Ils sont à jour sur toutes les possibilités de versements bancaires et jouent énormément sur l’urgence, pour stresser leurs victimes et les faire tomber dans le piège. Face à cette évolution de leurs méthodes, les banques doivent s’adapter, indique Marlène d’Aquino, directrice conseil et services digitaux de la BCN. « On a des collaborateurs spécialisés, une équipe dédiée. »
Marlène d’Aquino : « Il faut une empathie et accompagner la personne. »
Marlène d’Aquino qui précise que, comme les versements sont souvent demandé via Twint, avec un virement immédiat, l’argent est difficilement récupérable. Par contre, la Police neuchâteloise peut avoir accès au véritable numéro d’appel et en retracer les auteurs.
Prudence et ne pas agir dans l’urgence
Le mot d’ordre pour ne pas se faire avoir reste la prudence, ne jamais communiquer ses données bancaires à un inconnu ni même lui verser de l’argent. Et même si vous êtes pressé par l’escroc, n’agissez pas dans le stress, rappelle Steven Bill. Il relève que parfois, les arnaqueurs se trompent de banque et appellent au nom d’un établissement qui n’est pas celui de la victime.
Steven Bill : « Dans toutes les escroqueries, les auteurs utilisent le levier de l’urgence pour arriver à leurs fins. »
« Si c’est un appel de votre banque, rappelez votre banque et vous lui demandez s’il y a un problème sur votre compte et vous aurez tout de suite la preuve que c’était une escroquerie », conclut Steven Bill. /lgn









