Jean-Luc Pieren condamné

Reconnu coupable lundi dans une affaire de blanchiment d’argent, l’ex-député au Grand Conseil ...
Jean-Luc Pieren condamné

Reconnu coupable lundi dans une affaire de blanchiment d’argent, l’ex-député au Grand Conseil aurait dû prendre conscience qu’il était impliqué dans une escroquerie, selon le Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz

Le Tribunal régional a rendu son verdict en l'absence du prévenu. Le Tribunal régional a rendu son verdict en l'absence du prévenu.

L’ancien député au Grand Conseil neuchâtelois Jean-Luc Pieren condamné par la justice lundi matin dans une affaire de blanchiment d’argent. Il a été reconnu coupable d’avoir commis un acte propre à entraver l’identification du responsable d’une escroquerie. Le Tribunal de police à La Chaux-de-Fonds a prononcé son verdict en l’absence de l’ex-membre de l’UDC.

Le prévenu a été condamné à une peine de 20 jours-amende à 30 francs avec sursis pendant deux ans, ainsi qu’à une amende de 120 francs à titre de peine additionnelle. Par ailleurs, il devra rembourser la somme perçue dans cette affaire, soit une créance compensatrice de 1'068 francs 28, plus les frais de la cause qui se montent à 840 francs. Une peine qui correspond à ce qui avait été requis par le Ministère public.


Une fausse vente de consoles de jeu

L’affaire date du mois de mai 2021. Alors qu’il connaissait des difficultés financières, le prévenu a cherché un emploi en déposant une petite annonce en ligne. Il a été rapidement contacté par un individu qui s’est présenté comme un homme d’affaires basé à l’étranger, et qui a expliqué être à la recherche d’un intermédiaire sur le marché suisse. En échange de la promesse d’un salaire et de la perception de commissions, Jean-Luc Pieren a accepté de recevoir des versements sur son compte, qu’il était ensuite chargé de transférer au Bénin, via un guichet de transfert de fonds à Bienne.

En réalité, ces sommes, près de 2'800 francs au total, dont environ 1'700 ont été transférés, provenaient de particuliers qui avaient commandé des consoles de jeu via un réseau social, et qui n’avaient rien reçu en échange de leur payement, ce qui, pour le Tribunal, constitue une escroquerie.


Culpabilité moyenne à importante

Flairant le mauvais coup, Jean-Luc Pieren a interrompu les transferts après six jours. Il n’a cependant pas fait part de ses soupçons aux forces de l’ordre. A la suite du dépôt de plaintes de la part de deux personnes lésées, c’est finalement la Police neuchâteloise qui est venue l’interroger à ce sujet au mois de novembre.

Pour la présidente du Tribunal, Jean-Luc Pieren aurait dû se douter qu’il avait affaire à une transaction douteuse. Sa formation universitaire, son parcours politique, ainsi que les nombreux efforts de prévention de la police contre ce type d’arnaque auraient dû lui donner les armes suffisantes pour éviter de s’impliquer dans une telle affaire. Il n’aurait pas été difficile pour lui d’éviter de se mettre dans cette situation. Il a par ailleurs agi pour améliorer sa condition financière, et n’a pas prévenu les forces de l’ordre de son propre chef. Pour ces raisons, la Cour juge la culpabilité du prévenu « moyenne à importante ».

Jean-Luc Pieren dispose de vingt jours pour faire recours. /jhi


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