La question des mesures d'éloignement a rebondi au Grand Conseil neuchâtelois mardi, à la suite de la tentative de féminicide la semaine dernière aux Roches-de-Moron. Le « bracelet électronique » à titre préventif peut donner un « faux sentiment de sécurité », a déclaré Alain Ribaux.
Cinq bracelets électroniques sont utilisés actuellement dans le canton de Neuchâtel dans le cas de courtes peines de prison. « Le bracelet électronique peut être utilisé comme mesure de prévention, mais il a ses limites », a expliqué le conseiller d'Etat en charge de la sécurité, en réponse à une question de l'UDC Roxann Durini.
Comme mesure d'éloignement, le bracelet pose la question de la fiabilité du système et impose de nombreuses contraintes techniques et financières. « Cela imposerait des ressources disproportionnées à la centrale et à la police pour réagir immédiatement et 24h/24h », a précisé Alain Ribaux.
Le conseiller d'Etat a ajouté « qu'il peut donner un faux sentiment de sécurité, car la police ne peut pas réagir dans les secondes qui suivent » une tentative d'agression. Le procureur général Pierre Aubert avait déclaré jeudi dernier qu'un bracelet à titre préventif n'aurait pas nécessairement empêché la survenue du drame, surtout quand un auteur est déterminé à passer à l'acte.
Plan d'action
Alain Ribaux a donc expliqué qu'une approche plus globale que le bracelet électronique est nécessaire pour lutter contre la violence domestique. Actuellement, un vaste ensemble de mesures sont disponibles, comme le suivi de l'auteur d'une agression, les actions du SAVI (Service d'aide aux victimes) ou un foyer d'hébergement pour les victimes.
Un plan d'action pour lutter contre les violences domestiques sera présenté prochainement par le Conseil d'Etat.
La tentative de féminicide a eu lieu il y a une semaine à La Chaux-de-Fonds. Un homme qui avait été arrêté par la police en raison d'une altercation conjugale et de violences sexuelles, puis relâché, a violé une mesure d'éloignement.
Il a enlevé son épouse, qui avait décidé d'habiter chez son fils aîné, et l'a emmenée en voiture aux Roches-de-Moron, un point de vue dominant le Doubs. Là, il a jeté son véhicule dans la falaise, ce dernier s'immobilisant 100 mètres en contrebas grâce à des arbres. L'auteur de la tentative de féminicide et son épouse ont été grièvement blessés, mais leur pronostic vital n'est plus engagé.
A la suite de ce drame familial, Sami Hafsi, chef de la police judiciaire neuchâteloise, avait expliqué qu'il y avait cinq à sept interventions par semaine dans le canton pour des violences familiales. « Le défi consiste à détecter les actes graves potentiels, les situations qui dégénèrent », a-t-il ajouté. /ATS-cer













