Ateliers Drag King : réfléchir sur les imaginaires liés à la masculinité

Le jeudi 30 septembre, l’Institut d’ethnologie (UniNE) vernissait un livre consacré aux Drag ...
Ateliers Drag King : réfléchir sur les imaginaires liés à la masculinité

Le jeudi 30 septembre, l’Institut d’ethnologie (UniNE) vernissait un livre consacré aux Drag Kings. L’étude signée Clem Künzler évoque l’existence en Suisse romande de rencontres où l’on s’approprie les attributs masculins pour déconstruire les stéréotypes de genre

L'ethnologue Clem Künzler (à g.) et l'activiste Isabelle Salem Diego Sentis (à d.) ont collaboré pour publier un livre qui se plonge dans des ateliers invitant à la pratique du Drag King L'ethnologue Clem Künzler (à g.) et l'activiste Isabelle Salem Diego Sentis (à d.) ont collaboré pour publier un livre qui se plonge dans des ateliers invitant à la pratique du Drag King

Questionner la masculinité en semant le trouble dans le genre. Dans le cadre de son travail de Master en ethnologie à l’Université de Neuchâtel, Clem Künzler a suivi et participé à des ateliers Drag King en Suisse Romande et en France. Il lui a fallu deux ans pour réaliser son étude, d’abord sous la forme d’une exposition intitulée Mémoire(s) de Kings puis du livre Ateliers Drag Kings : voyages dans les genres. Un livre disponible en quelques exemplaires auprès de l’Institut d’ethnologie (UniNE). 


Une performance de genre

Durant les ateliers, les Drag Kings sont amenés à utiliser du maquillage, se créer une pilosité ou porter des habits considérés comme masculins pour effectuer une performance liée aux stéréotypes de genre. « Par des exercices de jeu, on va voyager à travers ces codes en utilisant parfois des costumes, pour découvrir et exprimer des personnages », explique l’activiste Isabelle Salem Diego Sentis, Drag King en charge de l’animation des ateliers, notamment à Genève, depuis 2013.


Créer de la solidarité

En plus de la partie pratique qui implique de s’approprier des attributs considérés comme masculins, ces ateliers Drag King sont l’occasion de discuter en groupe, et avec un prisme féministe, des injonctions concernant le genre. Pour l’ethnologue, ces rencontres « permettent d’explorer les attributs vestimentaires et le langage corporel liés à ces postures sociales afin de développer des capacités d’empowerment et des solidarités entre les membres des ateliers. »

La plupart de ces ateliers se passent en mixité choisie, soit sans hommes qui ne se considèrent pas comme appartenant à la communauté LGBTQIA+. Mais ceux-ci restent bienvenus lors de certains ateliers spécifiques.

Le vernissage de cette parution de la collection Ethnoscope faisait partie de la dernière soirée apéro-débat du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, entièrement consacrée aux Drag Kings. La discussion orchestrée par Clem Künzler et Isabelle Salem Diego Sentis a accueilli une cinquantaine de personnes et s’est suivie d’une projection du film Parole de King ! de Chriss Lag. /lmi

Léo Michoud a rencontré les deux Drag Kings


 

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