Pas de congé allaitement dans la fonction publique

Un congé allaitement pour les fonctionnaires n’a pas été accepté mercredi au Grand Conseil ...
Pas de congé allaitement dans la fonction publique

Un congé allaitement pour les fonctionnaires n’a pas été accepté mercredi au Grand Conseil neuchâtelois. Il consisterait à un mois suivant le congé maternité pour le personnel de la fonction publique

Le parlement neuchâtelois ne veut pas d'un congé allaitement dans la fonction publique. (Image d'illustration) Le parlement neuchâtelois ne veut pas d'un congé allaitement dans la fonction publique. (Image d'illustration)

Le Grand Conseil neuchâtelois n'a pas voulu mercredi d'un congé allaitement d'un mois, qui suivrait le congé maternité, pour le personnel de la fonction publique. La majorité féminine du parlement n'a pas fait la différence.

Le projet de loi, qui émanait de la gauche et des Verts, ne sera pas renvoyé en commission pour étude. Au vote, après égalité parfaite, la voix prépondérante du président PLR Quentin Di Meo a fait la différence.

« Un congé allaitement est une rallonge du congé maternité déjà plus élevé que les minima légaux dans la fonction publique neuchâteloise », a déclaré le conseiller d'Etat Alain Ribaux. « Des aménagements sont déjà prévus pour les femmes qui allaitent et le temps dévolu à l'allaitement est considéré comme temps de travail ».

« L'introduction d'un tel congé créerait aussi une inégalité de traitement entre femmes allaitantes et celles qui ne peuvent pas allaiter », a ajouté le conseiller d'Etat. Selon lui, cela donnerait aussi un mauvais signal au niveau financier.


Dans d'autres cantons

Pour la Verte Clarence Chollet, première signataire du projet, « il est temps de modifier la loi afin de pouvoir répondre au moins partiellement aux recommandations de l’OMS qui préconise une durée de six mois d’allaitement. Le congé maternité actuel ne permet que rarement de respecter cette durée pour des questions pratiques », a rappelé la Verte Clarence Chollet.

Pour une enseignante par exemple, c'est très compliqué de quitter son lieu de travail pour allaiter ou d'avoir assez de temps pour tirer son lait pendant les récréations, a ajouté la députée.

La réaction de la députée verte Clarence Chollet:

Pour la socialiste Corine Bolay Mercier, l'Etat a un devoir d'exemplarité et a rappelé que d’autres cantons (Vaud et Jura) ont d’ores et déjà introduit un tel congé.


Inégalité avec le secteur privé

Pour l'UDC, ce congé interviendrait à un « moment inopportun » avec la pandémie car il va renforcer les inégalités entre secteur public et privé, a déclaré Estelle Matthey-Junod. « Et l'Etat a aussi un devoir d'exemplarité de ne pas creuser les inégalités ».

Pour le PLR Fabio Bongiovanni, si des femmes actives dans la fonction publique ne peuvent pas allaiter correctement et conserver leur lait au frais, l'Etat doit immédiatement rectifier le tir. Mais selon lui, l'introduction d'un congé allaitement renforcerait le sentiment au sein de la population que les fonctionnaires sont une caste de travailleurs privilégiés.

Les femmes vert'libérales étaient partagées sur ce projet de loi. Pour Brigitte Leitenberg, il faudrait plutôt favoriser le télétravail, améliorer les espaces dédiés à l'allaitement et créer des structures d'accueil au sein des entreprises, y compris dans la fonction publique. Ainsi, un maximum de femmes pourrait reprendre leur activité, tout en continuant d'allaiter. /ats-vre-jha


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