Le Parlement neuchâtelois valide la nouvelle Loi sur l'énergie

Après plus de cinq heures de débat, le Grand Conseil neuchâtelois a accepté le texte qui définit ...
Le Parlement neuchâtelois valide la nouvelle Loi sur l'énergie

Après plus de cinq heures de débat, le Grand Conseil neuchâtelois a accepté le texte qui définit la stratégie énergétique cantonale pour les prochaines décennies

Le Grand Conseil s'est prononcé par 84 voix contre 17 en faveur de la nouvelle loi. Le Grand Conseil s'est prononcé par 84 voix contre 17 en faveur de la nouvelle loi.

« Plusieurs années de travaux aboutissent ce soir avec un projet pragmatique et ambitieux », a déclaré Laurent Favre, chef du Département du développement territorial et de l'environnement. L'objectif cantonal est de réduire les émissions de CO2 de 60% pour 2035. Les gaz à effets de serre devraient être réduits de 80%.

« Il faut éviter de tomber dans le dogme et provoquer un potentiel référendum », avait expliqué Laurent Favre lors de l'ouverture des débats. Le conseiller d'Etat avait rappelé que les Bernois et les Soleurois ont rejeté une nouvelle loi sur l'énergie dans les urnes.

Le texte initial du Conseil d'Etat - non amendé - séduisait la droite car elle le jugeait équilibré avec des « objectifs réalisables » , avec davantage de mesures incitatives que de normes contraignantes. Des députés de droite se sont donc opposés à la loi amendée.

La députée de Solidarités Zoé Bachmann l'a aussi refusée, pour des raisons inverses. Elle estimait que le texte n'était pas assez ambitieux car il ne planifiait pas clairement la sortie des énergies fossiles. Au final, le texte a été approuvé par 84 voix, 17 non et six abstentions.

Dans le domaine de l'assainissement des bâtiments, les députés ont accepté un amendement, initialement déposé par les socialistes, qui fixe un délai maximum de 30 ans pour les mettre aux normes.


Budget de l'Etat impacté

Pour assainir le patrimoine immobilier de l'Etat, cela représente 570 millions de francs sur 30 ans, soit 20 millions par an. « Je ne suis pas sûr que le budget de l'Etat le supporte. Ce n'est pas anodin », a déclaré Laurent Favre, dans sa vaine tentative de contrer l'amendement.

Les Vert'libéraux n'ont pas réussi à faire passer un amendement exigeant qu'un décompte individuel de chauffage et d'eau chaude devienne obligatoire pour tous les bâtiments à usage locatif. La nouvelle loi va déjà obliger à mettre des vannes thermostatiques, a expliqué Laurent Favre.

Les Verts ont réussi à faire passer un amendement qui réclame que lors du remplacement de chaudière, dans les cas où c'est techniquement possible et quand cela n'engendre pas de surcoûts, les besoins thermiques soient à couvrir uniquement par des énergies renouvelables. La loi initiale allait moins loin et limitait la part d'énergies non renouvelables à 80% des besoins thermiques.

La loi prévoit aussi que l'utilisation de l'énergie fossile pour le chauffage des nouveaux bâtiments est soumise à autorisation.


Eclairage nocturne

La nouvelle loi permet aux communes de réduire ou de supprimer l'éclairage public, pour autant qu'elles veillent à assurer la sécurité. Le député vert Laurent Debrot, qui milite contre la pollution lumineuse nocturne, voulait enlever l'aspect sécuritaire pour laisser plus de marge de manoeuvre aux communes. Son amendement a été nettement balayé. /ATS


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