Une étude sur les répercussions de la politique d’accueil extrafamilial

Les mères du canton sont-elles restées professionnellement actives grâce à la politique de ...
Une étude sur les répercussions de la politique d’accueil extrafamilial

Les mères du canton sont-elles restées professionnellement actives grâce à la politique de développement de crèches et accueils parascolaires dans le canton ? L’Université de Neuchâtel a été mandatée pour répondre à la question et analyser les recettes fiscales perçues grâce à cette démarche

La loi sur l'accueil des enfants (LAE) de 2010 a permis de tripler le nombre de structures parascolaires dans le canton permettant aux jeunes mères de rester actives professionnellement. La loi sur l'accueil des enfants (LAE) de 2010 a permis de tripler le nombre de structures parascolaires dans le canton permettant aux jeunes mères de rester actives professionnellement.

L’Etat de Neuchâtel a-t-il perçu des recettes supplémentaires des femmes actives depuis 2010, soit depuis le début de la politique d’accueil extrafamiliale cantonale ? Claude Jeanrenaud, professeur en économique publique à l’Université de Neuchâtel a été mandaté par la Ville de Neuchâtel et le canton pour analyser les résultats de ce programme d’impulsion basé sur la Loi sur l’accueil des enfants (LAE). L'étude a débuté fin juillet.

Un programme qui pèse sur le budget du canton et des communes mais qui a permis de multiplier par trois le nombre de crèches et structures parascolaires. D'ailleurs, le canton est le seul à n'avoir quasiment pas de liste d'attente pour des structure préscolaire selon le professeur.

Le but du développement de ces places préscolaires ? Permettre à davantage de mères de jeunes enfants de rester actives professionnellement après leur grossesse et potentiellement de travailler à un taux plus élevé. Et ainsi payer davantage d’impôt aux collectivités publiques et compenser en partie les dépenses liées à la création de ces structures. Mais le bénéfice le plus important du développement de ce système d'accueil parascolaire est surtout ailleurs : selon Claude Jeanrenaud, cela permet une meilleure utilisation des compétences des femmes, mais aussi de réduire le risque de pauvreté ou encore d'améliorer la croissance économique du pays.


Neuf ans hors du marché du travail

Selon les derniers travaux menés en Suisse, les mères de jeunes enfants interrompent souvent leur activité professionnelle au moment d’une naissance et restent hors marché du travail pour une période en moyenne de neuf ans. Conséquences : un manque d’expérience professionnelle, une perte de revenu en moyenne d’environ 20% sur toute la carrière, et par effet domino, une retraite qui s'approche du seuil de pauvreté.

« Si une femme avec un revenu peu élevé souhaite atteindre le minumum vital à la retraite, elle doit travailler à 100 % durant toute sa vie » explique Claude Jeanrenaud. Cela nuit donc à leur carrière, et à leur futur, mais également à l’économie du canton. Les collectivités publiques pourraient percevoir un retour fiscal non négligeable du salaire des mères neuchâteloises.

Cette situation concerne presque 6'000 femmes dans le canton. Le retour financier reste important selon Claude Jeanrenaud. Mais pas encore de chiffres en vue, sachant que l’Université de Neuchâtel doit encore les calculer. Les résultats de l’étude portant sur les années 2010 à 2019 sont attendus pour l’année prochaine. /vma

Claude Jeanrenaud nous explique le contexte dans lequel est né cette impulsion pour créer des accueils extrafamiliaux et aider les mamans du canton


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