Un nouveau volet judiciaire s’ouvre pour la LNM et son ancien directeur

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Un nouveau volet judiciaire s’ouvre pour la LNM et son ancien directeur

La Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat se retrouve à nouveau face à son ancien directeur devant la justice. Jean-Jacques Wenger conteste son licenciement survenu en 2017

La Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat essaie aujourd'hui de retrouver de la sérénité. (Photo d'archives.) La Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat essaie aujourd'hui de retrouver de la sérénité. (Photo d'archives.)

Alors que les bateaux de la LNM vogueront à nouveau dès samedi, la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat continue de croiser le fer sur le plan judiciaire. La LNM et son ancien directeur, Jean-Jacques Wenger, se sont retrouvés côte à côte vendredi matin devant le Tribunal civil à Boudry. Cette procédure, qui n’en est qu’à ses prémices, porte sur le licenciement de Jean-Jacques Wenger survenu en janvier 2017 et qualifié par celui-ci d’abusif. Les audiences véritables se tiendront ultérieurement.

Jean-Jacques Wenger, ancien directeur de la LNM mais aussi de sa filiale de restauration Cap Gourmand, avait été remercié à la suite d’un audit faisant notamment état de dysfonctionnement dans la gestion de ces deux entités. C’est ce licenciement que l’ancien directeur conteste aujourd’hui devant les tribunaux.

Peu de temps avant d’être remercié, en juin 2016, Jean-Jacques Wenger avait obtenu une augmentation de salaire de 2'000 francs par mois avec effet rétroactif au 1er août 2014. Le document était antidaté en novembre 2015. Cette augmentation de salaire octroyée par le président du Conseil d’administration de la LNM, Olivier Arni, coûtera son poste à celui qui était alors conseiller communal en Ville de Neuchâtel. Olivier Arni présente sa démission en septembre 2017 et quitte ses fonctions à la fin de cette même année.

Cette augmentation de salaire a largement fait débat mais ne débouche finalement sur aucune condamnation en justice. Olivier Arni est blanchi en août 2018 à l’issue d’une enquête du Ministère public. Le parquet relève toutefois les fortes pressions exercées par Jean-Jacques Wenger pour obtenir des augmentations au fil des ans, sans qu’une infraction pénale puisse être retenue dans ce contexte.


Procédure encore pendante devant le Tribunal cantonal

Jean-Jacques Wenger obtient lui aussi gain de cause devant les tribunaux en mars 2019. L’ancien directeur de la LNM est délesté des accusations de gestion déloyale et d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur ; des accusations liées à deux primes d’un montant total de 16'000 francs qu’il s’était lui-même octroyées en 2009 et qu’il avait été contraint de rembourser. Ce volet-là n’est toutefois pas encore bouclé. Le Ministère public a fait recours devant le Tribunal cantonal.

À ces aspects judiciaires s’ajoute encore un deuxième audit commandé à l’époque par les Cantons de Neuchâtel, de Fribourg et de Vaud. Neuchâtel par exemple subventionne la Société de navigation à hauteur de 1,5 million de francs par an. Cet audit conclut à des dysfonctionnements dans la gestion et à des fautes dans la comptabilisation des charges. Un manque de gouvernance et de transparence chez Cap gourmand est aussi pointé du doigt.

À ce jour, la LNM a vu sa concession renouvelée pour une période de deux ans, jusqu’à la fin de l'année, contre 10 ans habituellement. La nouvelle équipe dirigeante s’est attelée depuis cette vaste affaire à redresser la barre. Les conseils d’administration de la LNM et de Cap Gourmand présentent désormais la même composition. Le retard a aussi été comblé en matière d’entretien des bateaux et de formation de nouveaux capitaines ; deux des points noirs de l’époque. Une enquête de satisfaction a été menée auprès du personnel l'automne dernier et « les résultats sont globalement bons » , indique Frédéric Geissbühler, président du Conseil d’administration. Actuellement, c'est la pandémie de coronavirus qui plombe les activités de la compagnie. Pour des raisons sanitaires, la capacité d'accueil des passagers a été diminuée de moitié. L'avenir financier de la compagnie dépend donc passablement de la météo qu'il fera cet été. « Le temps doit être ni trop froid, ni trop chaud », précise Frédéric Geissbühler. En 2022, la LNM fêtera ses 150 ans et la compagnie espère s'offrir un nouveau bateau d'ici trois ou quatre ans. /sbe


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