Bulgari opère sa « révolution industrielle » à Saignelégier

La marque italienne de luxe a inauguré vendredi une nouvelle manufacture qui se veut novatrice ...
Bulgari opère sa « révolution industrielle » à Saignelégier

La marque italienne de luxe a inauguré vendredi une nouvelle manufacture qui se veut novatrice aux Franches-Montagnes, elle fusionne le processus de fabrication des boîtes et des cadrans

La nouvelle manufacture Bulgari à Saignelégier. La nouvelle manufacture Bulgari à Saignelégier.

Les Franches-Montagnes s’affirment encore un peu plus comme une terre de l’industrie du luxe. La marque italienne Bulgari du groupe LVMH a inauguré vendredi après-midi une nouvelle manufacture à Saignelégier. Une manufacture d’habillage qui se veut novatrice en fusionnant les processus de fabrication des boîtes et des cadrans de montre, deux pièces et deux métiers que l’horlogerie avait toujours distingués voire scindés jusqu’à présent. « Le fait que les métiers soit fragmentés créaient souvent des retards énormes dans l’industrie horlogère en termes d’approvisionnement. Là ils sont éliminés car on va lancer un cadran et une boîte de façon parallèle par rapport à une date d’assemblage à Neuchâtel qui reste fixe. Plus on peut réduire les temps de fabrication, plus on peut s’adapter à des variations de demande. Donc cela augmente nos ventes et réduit nos stocks », explique Jean-Christophe Babin, CEO (Chief Executive Officer) de Bulgari.

Jean-Christophe Babin, CEO Bulgari

Cette synergie est d’ailleurs bien visite lorsque l’on visite l’usine où pièces de boîte et cadran se côtoient, bien que la chaîne reste parfois distincte pour certains processus. Pour créer ce nouvel écrin à Saignelégier, Bulgari a donc tiré un trait sur l’un de ses sites de La Chaux-de-Fonds, mais sans suppression d’emploi assure la marque. « Ici on trouve des gens qui ont un savoir-faire et une culture horlogère que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Et on y trouve aussi un vivier de jeunes ouverts à un monde qui dépasse le métier de l’horlogerie et qui ont envie de pousser les limites. On a donc à la fois une tradition et une envie de penser différemment qui nous pousse à nous ouvrir à de nouvelles matières, à de nouvelles façons de monter », avance le directeur général Bulgari horlogerie, Antoine Pin.

Antoine Pin, directeur général Bulgari horlogerie

Un paon est ici peint à la main sur un cadran, un travail qui mêle art et précision. Un paon est ici peint à la main sur un cadran, un travail qui mêle art et précision.

Capable de sortir jusqu’à 100'000 pièces par an, le site de Saignelégier a demandé plusieurs millions de francs d’investissement. « On ne donne jamais de chiffres précis. On n’a pas forcément envie que certains de nos concurrents viennent nous copier et sachent exactement combien peut coûter ce genre de révolution industrielle », sourit Jean-Christophe Babin. La nouvelle manufacture accueille actuellement 120 collaborateurs mais elle capable d’évoluer pour intégrer davantage de mains d’œuvre et de métiers pour pouvoir « répondre à des demandes très particulières de clients finaux », selon Antoine Pin. Là est finalement toute la magie des Franches-Montagnes ainsi que l’a souligné le président du Gouvernement Jacques Gerber. Une terre agricole, chevaline, capable aussi de fabriquer des produits de luxes pour satisfaire les exigences les plus folles de clients fortunés. /jpi

Boîtes et cadrans passent au polissage. Boîtes et cadrans passent au polissage.

Les pièces sont travaillées avec minutie. Les pièces sont travaillées avec minutie.


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