La croix suisse, rempart assiégé d’un savoir-faire

Autoriser des marques à arborer la croix suisse alors qu’elles fabriquent leurs produits à ...
La croix suisse, rempart assiégé d’un savoir-faire

Autoriser des marques à arborer la croix suisse alors qu’elles fabriquent leurs produits à l’étranger : la décision de l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle sur la marque On déçoit certains spécialistes, qui y voient l’effritement d’une protection nécessaire.

L'usage de la croix suisse était jusqu'ici réservé aux produits swiss made. (Photo d'illustration). L'usage de la croix suisse était jusqu'ici réservé aux produits swiss made. (Photo d'illustration).

La décision continue à susciter le malaise au sein de l’industrie suisse. Lundi, on apprenait qu’après des années de litige, la marque de chaussures On avait trouvé un accord avec l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle. Alors que ses produits sont fabriqués en Asie, la marque dont Roger Federer est actionnaire va pouvoir y faire figurer la croix suisse, obligatoirement assortie de la mention « Swiss Engineering », entre autres contraintes formelles.

Ancien président de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie et ancien patron de Metalem au Locle, Alain Marietta se bat depuis des années pour le swiss made. Selon son point de vue, cette décision affaiblit les protections en vigueur et fait courir un risque à l’économie nationale. Il souligne que dans le swiss made ou le swissness, « ce qui est intéressant, ce n'est pas simplement de se faire plaisir et de se gratter le nombril, c’est que ça donne des postes de travail en Suisse ». Il rappelle que des dizaines de milliers de personnes travaillent dans la branche horlogère dans le pays. Selon lui, « il y a déjà assez de possibilités d’aller faire des choses dans les pays où la main d’œuvre est largement moins chère » sans remettre en cause les protections actuelles. Une décision qui ne va pas, d’après lui, préserver beaucoup d’emplois alors que l’étape de la conception risque de souffrir prochainement de l’essor de l’intelligence artificielle. 

Alain Marietta : « Le design demain, c’est quoi ? C’est l’IA. »

C’est donc un tournant pour le swiss made, mais ce n’est pas le premier. Alain Marietta rappelle que cette protection n’a pas cessé de s’affaiblir ces dernières années, passant de 80 à 60% de production sur sol suisse. De son point de vue, « imaginer des pièces où seulement la moitié est fabriquée en Suisse, et appeler ça swiss made, c’est une immense rigolade. »

Alain Marietta : « Je pense que c’est un peu détestable de faire les choses comme ça. »

Selon l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle, la décision n’est pas taillée sur mesure pour la marque On, c’est une solution pour l'ensemble de l'industrie. /jhi


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus