Pour la première fois depuis la fin du Covid, les effectifs de l’industrie horlogère en Suisse s’affichent en baisse. L’Arc jurassien est davantage touché que d’autres régions.
Une première depuis la période post-Covid. Les contingents de l’industrie horlogère suisse sont en baisse. Le secteur enregistre une perte de 835 postes à la fin septembre, c’est une diminution de 1,3% par rapport à la même période en 2024. Les effectifs s’élèvent ainsi à 64'807 collaborateurs et collaboratrices. Si Genève affiche une progression de 3%, les baisses sont marquées dans les cantons historiques à sous-traitance horlogère et microtechnique ; Vaud -4,2%, Neuchâtel -3,5%, Jura -3,2% et Berne -2,1%, détaille le communiqué de presse transmis mardi matin par la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CP). Ces chiffres s’expliquent par un « environnement économique exigeant, marqué par une baisse des volumes et par un contexte de consommation mondiale en ralentissement », stipule le texte. Le secrétaire de la CP Ludovic Voillat ajoute « qu’il est important de mettre cette baisse en perspective des 8'000 emplois qui ont été créés dans la branche entre 2021 et 2024. »
Ludovic Voillat : « Les premières entreprises touchées par la crise en 2023 ont dû un peu restructurer leur outil de travail. »
Le recours étendu à la réduction de l’horaire de travail (RHT), ainsi que leur prolongation de 18 à 24 mois, a permis de limiter l’ampleur de cette diminution et de maintenir la capacité productive. « La RHT est un amortisseur important pour l’économie, mais pas une solution miracle », déclare Ludovic Voillat. À fin novembre, plus d’un quart des entreprises avait recours aux RHT.
« L’horlogerie est une économie historiquement cyclique, à la différence qu’actuellement on est sur un cycle qui est multifactoriel. »
2026 est abordé « avec prudence » par les entreprises, selon la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse. « Mais la sortie des dispositifs de réduction de l’horaire de travail pour certaines sociétés pourrait accroître la pression sur les emplois de la branche », souligne Ludovic Voillat. Le communiqué mentionne d’ailleurs que « si la conjoncture devait perdurer, il est vraisemblable que certaines entreprises soient contraintes de redimensionner leur outil de production, malgré les efforts engagés pour s’adapter dans un environnement économique toujours plus exigeant. » /comm-jpp













