C’est une véritable tuile pour l’urbanisme horloger de La Chaux-de-Fonds qui célèbre cette année en grande pompe son 10e anniversaire. Théo Huguenin-Elie, chef de l’urbanisme, parle même de « petit drame patrimonial » voire de « brigandage patrimonial ». Un des bâtiments de l’ancienne quincaillerie Kaufmann de la rue du Marché a été démoli illégalement, selon les autorités, alors que le massif était en rénovation.
Le conseiller communal l’a annoncé jeudi soir devant le Conseil général en réponse à une question de la socialiste Carmen Brossard. Pourtant, tout avait été fait dans l’ordre des choses par la Ville, selon Théo Huguenin-Elie. Les commissions compétentes, y compris celle des experts Unesco, avaient sanctionné, et donc interdit légalement la démolition de l’un ou l’autre des bâtiments du massif. Désormais, la Ville entend répondre fermement à ces agissements. Une plainte pénale a été déposée et une enquête ouverte par le Ministère public pour éclaircir cette affaire. Le chantier a été immédiatement arrêté. « Nous espérons que l’ampleur de ce dossier et la réaction du Ministère public décourageront tout un chacun de se comporter de cette manière-là à l’avenir. »
Quel avenir pour le bâtiment ?
L’avenir justement, il est difficile de le dessiner clairement pour ce bâtiment. Sera-t-il reconstruit à l’identique? Dans une volumétrie identique? Impossible pour la Ville de se prononcer maintenant. Mais c’est bien un bout de patrimoine qui est désormais en gravats. « Ce n’est pas l’usine Spillmann ou l’ancien Manège, mais l’urbanisme horloger est constitué de massifs modestes mais qui participent à une valeur d’ensemble reconnue comme universelle », explique le conseiller communal.
Le bâtiment a été vendu il y a cinq ans par la famille Kaufmann, qui n’est en aucune manière liée à cette affaire. /lre









