Un nouveau soutien pour les entreprises formatrices

Une association pour inciter le monde économique neuchâtelois à s'investir dans la formation ...
Un nouveau soutien pour les entreprises formatrices

Une association pour inciter le monde économique neuchâtelois à s'investir dans la formation. L’Etat met sur pied le Réseau d’entreprises formatrices, en collaboration avec la CNCI et une structure similaire créée à Fribourg

Les différents acteurs impliqués dans la création du réseau d'entreprises formatrices neuchâteloises. Les différents acteurs impliqués dans la création du réseau d'entreprises formatrices neuchâteloises. De gauche à droite: Emmanuella Daverio, secrétaire du REN, Mathieu Aubert, président du REN, la conseillère d'Etat Monika Maire-Hefti, Olivier Montandon, boucher aux Ponts-de-Martel, Marie-Claude Ruffieux du réseau fribourgeois d'entreprises formatrices et Laurent Feuz, chef du Service des formations postobligatoires et de l'orientation.

Trois partenaires réunis pour inciter le monde économique à se lancer dans la formation de la relève. L’Etat de Neuchâtel met sur pied une nouvelle association en collaboration avec la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI) et le réseau fribourgeois d’entreprises formatrices. Cette structure porte le nom de réseau d’entreprises formatrices neuchâteloises (REN) et se propose d’assumer l’organisation générale de la formation des apprentis, ce qui permettra aux entreprises de se décharger d’une série de tâches, notamment administratives. Le REN se veut particulièrement adapté aux petites entreprises.

L’Etat de Neuchâtel vise en effet en premier lieu les entreprises qui comptent moins de 10 EPT ; une catégorie qui constitue près de 90% du tissu économique neuchâtelois. Ces petites sociétés renoncent parfois à former des apprentis par crainte d’une charge trop lourde pour leur structure. Le réseau d’entreprises formatrices neuchâteloises se donne ainsi pour mission de leur faciliter la tâche. En termes de fonctionnement, l’apprenti est sous contrat avec l’association durant trois ans, qui passe à son tour une convention avec les entreprises. Le réseau prend à sa charge les aspects administratifs, ainsi que les relations avec les écoles professionnelles et les éventuels cours de soutien à mettre en place.

Autre avantage pour les entreprises : celles-ci ne s’engagent que pour une année, renouvelable, auprès du réseau. Ceci donne aussi la possibilité aux apprentis de réaliser leur AFP ou leur CFC auprès de plusieurs entreprises pour bénéficier de la formation la plus complète possible à l’heure où les entreprises sont souvent très spécialisées.

 

L’exemple de la boucherie

Un cas de figure a été mis en avant mardi en conférence de presse, lors de la présentation de ce réseau, celui de la boucherie. Olivier Montandon, boucher aux Ponts-de-Martel, a dressé un état des lieux de la profession. « Aujourd’hui, les boucheries se spécialisent dans un domaine. Il est donc impossible de former un apprenti de manière complète », à moins de le faire passer par plusieurs entreprises. Olivier Montandon a également mis en avant un autre frein à la formation de la relève : « actuellement, les cours pour les bouchers neuchâtelois sont donnés à Moutier. » La question des déplacements joue dès lors souvent un rôle important dans la décision d’un jeune au moment de choisir un apprentissage.

En l’occurrence, le réseau se veut une solution à ce type de problématique. Si plusieurs bouchers venaient à intégrer l’association, les apprentis neuchâtelois pourraient passer d’une entreprise à l’autre pour avoir une formation complète. Si ceux-ci sont assez nombreux, une classe pourrait rouvrir sur sol neuchâtelois, assure la conseillère d’Etat Monika Maire-Hefti.

 

Inspiration d’origine fribourgeoise

Ce réseau s’inspire d’un modèle fribourgeois mis en place il y a une dizaine d’années, « qui fait ses preuves » selon Mathieu Aubert, président de la nouvelle entité et membre de la direction de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie. Aujourd’hui, le réseau fribourgeois en question compte 67 apprentis et un nombre similaire d’entreprises parmi ses rangs, ajoute Marie-Claude Ruffieux, membre du réseau fribourgeois d’entreprises formatrices.

Son pendant neuchâtelois se veut aussi une nouvelle porte d’entrée pour les jeunes qui sortent fragilisés de l’école obligatoire ; une manière « d’éviter la rupture avec le milieu social, grâce à cet appui particulier », selon Monika Maire-Hefti.

Par le biais du réseau d’entreprises formatrices neuchâteloises, les autorités entendent encore et toujours renforcer l’apprentissage en mode dual. L’an passé, 72% des apprentis ont opté pour ce modèle qui combine école et formation en entreprise. « Un chiffre qui peut encore être amélioré » pour la conseillère d’Etat en charge de l’éducation. L’avenir dira si les entreprises se laisseront convaincre d’investir dans la formation en s’aidant de ce nouvel outil. /sbe


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