Un bilan positif malgré la frustration. C'est le point de vue des dirigeants de l'Association suisse de football après l'élimination de la Nati en quart de finale de la Coupe du monde face à l'Argentine. Pour Joël Robert, l'équipe de Suisse continue de grandir.
« Oui, nous sommes évidemment tristes. Mais nous sommes surtout méga fiers ». Telle est la phrase sur laquelle le président de l'Association suisse de football Peter Knäbel a souhaité conclure une conférence de presse de bilan tenue dimanche à Kansas City, après la défaite de la Suisse contre l'Argentine en quart de finale de la Coupe du monde. Assis entre le sélectionneur Murat Yakin et le directeur des équipes nationales Pierluigi Tami, Peter Knäbel semblait moins affecté que les autres par le crève-cœur survenu douze heures plus tôt. Il a souhaité retenir la fierté d'avoir offert aux plus jeunes supporters suisses « des moments qu'ils n'oublieront jamais. » La pilule était un peu plus dure à avaler pour Pierluigi Tami, qui vivait son dernier tournoi avant sa retraite prévue en septembre, et qui ne digérait pas bien l’expulsion de Breel Embolo.
Au-delà du bilan, le journaliste sportif de la RTS Joël Robert relève les prestations de l’équipe de Suisse, individuellement et collectivement. « C’est une équipe qui n’a pas perdu de match avant la défaite contre l’Argentine », relève-t-il. Après « une mise en route un petit peu compliquée contre le Qatar », la machine était lancée avec « LA révélation : Johan Manzambi ». L’attaquant genevois a été décisif dès qu’il entrait sur le terrain et son absence contre la Colombie et l’Argentine s’est fait ressentir, déplore Joël Robert. Mais le rédacteur en chef adjoint des sports à la RTS tient à souligner les bonnes performances de toute l’équipe. « On a vu qu’elle a pu compter sur ses joueurs-cadres, une très bonne défense, un bon gardien. Ndoye était également très bon sur son côté », explique Joël Robert. L’objectif de la Nati, avant le début du tournoi, était de jouer les quarts de finale : elle l’a concrétisé sur le terrain. « Une preuve que l’équipe grandit, mûrit ! »Joël Robert : « À chaque grande compétition, l’équipe gagne en maturité. »
Quelques questions se posent à présent sur l’avenir : Granit Xhaka et Ricardo Rodriguez, des piliers de l’équipe de Suisse, ont 33 ans. C’est un peu la fin d’une génération dorée, même si le capitaine a déjà indiqué vouloir poursuivre l’aventure jusqu’à l’Euro 2028. Joël Robert ne se fait aucun souci pour le futur de la Nati. « Le fond de l’équipe va rester. Akanji, le gardien [ndlr : Gregor Kobel] vont rester, on a parlé de Manzambi, Ndoye, Vargas, tous ces jeunes qui sont là, et Embolo et Zakaria vont rester encore des années. Je pense que le fond de l’effectif, le réservoir, est toujours intéressant pour Murat Yakin », relève le journaliste sportif. « Il y a deux ans avant le prochain gros objectif, espérons que pendant ce temps, les joueurs déjà joueront dans les grands clubs et puis seront performants avec l’équipe de Suisse. »
« C’est une équipe qui sera attendue. »
Une certitude pour l’équipe de Suisse : Murat Yakin sera toujours à la barre. Sous contrat jusqu’en 2028, il a affirmé dimanche son envie de poursuivre sa mission de sélectionneur de la Nati. Le futur, c'est d'abord le retour en Suisse. La sélection s'envolera lundi en début d'après-midi et atterrira mardi vers 10h15 à Zurich. Une célébration avec les supporters suisses est prévue à 12h00 sur la Turbinenplatz.
Des stades pleins, mais avec que peu de Suisses
Alors qu’il ne reste que quatre rencontres, Joël Robert tire un premier bilan global de la Coupe du monde. Le rédacteur en chef adjoint des sports à la RTS confiait à RTN en ouverture de ce Mondial, qu’il y aurait probablement peu de fans, notamment helvétiques, et un risque de voir peu d’engouement. Alors que le tournoi touche à sa fin, force est de constater que les stades ont été quasi pleins à chaque rencontre depuis le début du tournoi. « C’est la bonne surprise de cette compétition. Mais ça s’est confirmé que les supporters de l’équipe de Suisse n’ont pas été beaucoup présents pendant cette Coupe du monde », ajoute Joël Robert, évoquant le prix assez cher des billets et l’éloignement comme raisons principales.
« Pour l’instant, l’organisation globale a été bien gérée par les trois pays. »
Une organisation rôdée au niveau de la logistique, mais du côté de la FIFA, les critiques continuent de pleuvoir et les scandales d’avant-tournoi se sont invités sur les terrains. « Il y a eu des décisions assez incompréhensibles de certains arbitres, ou des non-décisions, quand on voit le match France-Paraguay », déplore Joël Robert. Le coup de fil de Donald Trump à Gianni Infantino, le carton rouge de Breel Embolo, l’implication de plus en plus importante de la VAR (l’assistance arbitrage vidéo) : ce sont des exemples « qui pourraient péjorer et rendre le football potentiellement illisible ». S’il ne veut pas entrer dans les théories du complot, selon lesquelles la FIFA favoriserait l’Argentine, Joël Robert reconnaît qu’il y a des décisions qui l’interpellent. « Il y a des choses positives avec l’assistance vidéo, mais il y a aussi des choses qui doivent être repensées, revues après cette Coupe du monde pour que l’on laisse le soin au football de rester un jeu simple. » /ATS-lgn













