Providence : des syndicalistes sur le banc des accusés

Les dirigeants de l'hôpital de La Providence à Neuchâtel croisent à nouveau le fer avec les ...
Providence : des syndicalistes sur le banc des accusés

Les syndicats avaient installé le piquet de grève dans la cour de l'hôpital de La Providence Les syndicats avaient installé le piquet de grève dans la cour de l'hôpital de La Providence.

Les dirigeants de l'hôpital de La Providence à Neuchâtel croisent à nouveau le fer avec les syndicats, mais devant la justice pénale cette fois-ci. Quatre syndicalistes ont été entendus lundi par le Tribunal de police à Boudry, prévenus de violation de domicile et de diffamation.

La Fondation de La Providence et le groupe de cliniques privées Genolier, qui a racheté l'hôpital, estiment qu'à l'automne 2012 le piquet de grève aurait dû être déplacé. Une tente destinée à accueillir les employés grévistes et les représentants des syndicats avaient été autorisée dans la cour de l'établissement dans un premier temps. Mais lorsque les dirigeants de l'établissement ont décidé de ne plus tolérer cette présence sur leur terrain, syndicalistes et grévistes n'ont pas bougé et ont finalement été délogé par la police. C'est pourquoi ils sont accusés de violation de domicile.


Des tracts qui dérangent

Genolier et La Providence reprochent également aux quatre syndicalistes d'avoir écrit des propos diffamatoires dans des tracts et sur internet. Le terme d'"employeur crapuleux aux manières de gangster" a notamment été évoqué durant l'audience. Mais les prévenus nient avoir écrit ces propos-là. Ils affirment n'avoir rédigé que des tracts estampillés Syndicat des services publics et Syna, dont le texte a été préalablement accepté par des représentants du personnel de l'hôpital.

Lorsque la juge demande aux syndicalistes s'ils ne sont pas allés trop loin dans leurs propos, ils parlent d'une seule voix : les propos étaient adaptés au contexte de l'époque, ils se devaient de réagir fermement face à l'employeur qui venait de créer un conflit collectif en dénonçant unilatéralement la Convention collective de travail (CCT) Santé 21.


Des tensions toujours vives

Cette première journée d'audience a permis lundi d'entendre les prévenus ainsi que quatre témoins. L'ambiance était plutôt tendue, notamment entre les avocats des deux parties et la juge qui a bien souligné que "c'est un procès pénal, cela ne doit pas devenir un procès politique".

Parmi les témoins, deux syndicalistes ont rappelé l'importance des CCT et décrypté le fonctionnement des syndicats, une ancienne gréviste licenciée par La Providence a soutenu que les grévistes ne voulaient surtout pas provoquer de violence inutile, et le responsable de la sécurité de l'hôpital a précisé que le piquet de grève ne gênait pas l'accès au bâtiment mais que sa présence pesait lourd au niveau émotionnel.
 

L'audience se poursuit mardi avec notamment l'audition du président de la Fondation de La Providence, Antoine Wildhaber, et du président du groupe Genolier, Raymond Loretan. /mvr


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