30 ans au service des troubles « Dys »

Les membres de l’association Dyslexie suisse romande étaient réunis en congrès à Neuchâtel ...
30 ans au service des troubles « Dys »

Les membres de l’association Dyslexie suisse romande étaient réunis en congrès à Neuchâtel ce samedi à l’occasion de leur trentième anniversaire. Alors que la reconnaissance des troubles « Dys » a fait son chemin, les compensations et les aides sont encore maigres.

Eliane Caillet (à gauche) et sa collègue Elisabeth Weber-Pillonel (à droite), deux des fondatrices de l'association Dyslexique suisse romande, basée à Neuchâtel. Eliane Caillet (à gauche) et sa collègue Elisabeth Weber-Pillonel (à droite), deux des fondatrices de l'association Dyslexique suisse romande, basée à Neuchâtel.

Connaître, reconnaitre et accompagner les personnes souffrant de dyslexie. C’est la raison d’être de l’association Dyslexie suisse romande (aDsr) basée à Neuchâtel. L’organisation a fêté ses trente ans ce samedi lors de son congrès tenu à l’Aula des Jeunes-Rives de l’Université de Neuchâtel. En 1996, l’association est née d’un groupe de parents alertés par les difficultés que rencontraient leurs enfants, que ce soit en orthographe, en lecture ou même en calcul. Face aux manques de connaissances et d’aides, « il fallait faire quelque chose », explique Éliane Caillet, enseignante à la retraite et membre fondatrice de l’aDsr. Depuis trente ans, l’organisation a grandi, mais sa mission reste la même : « Informer les enseignants, les parents, les thérapeutes sur ce qu’est la dyslexie et les autres troubles « Dys » associés possibles, afin que les personnes qui en souffrent soient mieux considérées », ajoute Éliane Caillet. En Suisse, environ une personne sur dix est concernée par ces handicaps. Il y a 30 ans, ces derniers étaient encore mal considérés. « On se basait énormément sur l’orthographe et la lecture. Si quelqu’un écrivait mal ou ne lisait pas fluidement, il était mal vu », raconte-t-elle. Aujourd’hui, la situation a changé, notamment grâce à la recherche et l’évolution des technologies médicales, relève Élisabeth Weber-Pillonel, enseignante à la retraite et membre fondatrice de l’aDsr.

Élisabeth Weber-Pillonel : « On n’est parti de rien du tout. »

Cependant, même si ces troubles sont reconnus, l’aide mise à disposition peut encore être améliorée, estiment les deux anciennes enseignantes. « On a encore une grande marge de progression », ajoute Eliane Caillet.

Élisabeth Weber-Pillonel et Éliane Caillet : « Ce n’est pas encore dans toutes les classes, ni pour tous les élèves. »

« Les mesures de compensation de ce handicap, comme l’utilisation d’un ordinateur pour un élève d’école primaire, ne doivent pas être considérées comme des privilèges, mais comme un droit », explique Élisabeth Weber-Pillonel. L’aDsr se bat pour la reconnaissance de ces droits de compensation dans les cantons, mais aussi au niveau national, sous la Coupole à Berne. « Le diagnostic des troubles « Dys » est un élément très important », ajoute Éliane Caillet. « Sans diagnostics, impossible d’obtenir les aides nécessaires pour un enfant à l’école ou pour un jeune dans sa formation post-obligatoire. »

Les membres de l'association Dyslexie suisse romande étaient réunis en congrès à Neuchâtel ce samedi. Les membres de l'association Dyslexie suisse romande étaient réunis en congrès à Neuchâtel ce samedi.

Une nouvelle brochure

À l’occasion de ses trente ans, l’association Dyslexie suisse romande édite une nouvelle version de sa brochure informative sur les troubles « Dys ». Ce petit ouvrage ne se veut pas exhaustif sur le sujet, il est une première porte d’entrée pour celles et ceux qui s’intéressent à ces troubles. « La brochure met l'accent sur une base de conseils et sur l’actualité des avancées en la matière », ajoute Élisabeth Weber-Pillonel.

« Les personnes que l’on rencontrait, aimaient bien repartir avec de la documentation écrite. »

Cette brochure est accessible gratuitement en ligne via le site internet de l’association en version courte ou en version longue. « Le but c’est de permettre à tout le monde de se la procurer et se renseigner sur la dyslexie », termine l’enseignante à la retraite. Finalement, Élisabeth Weber-Pillonel et Éliane Caillet se réjouissent de la manière dont leur association a évolué au fil des années. Malgré une difficulté de plus en plus importante à recruter des bénévoles, l’avenir est assuré pour l’association Dyslexie suisse romande, estiment les deux femmes, qui peuvent compter sur des membres très actifs. /crb


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