Sécheresse : à Boveresse, les vaches laitières sont en crèche, comme en hiver

Les prairies desséchées contraignent les agriculteurs à puiser dans leurs réserves de fourrage ...
Sécheresse : à Boveresse, les vaches laitières sont en crèche, comme en hiver

Les prairies desséchées contraignent les agriculteurs à puiser dans leurs réserves de fourrage destinées à l'hiver. A Boveresse, les vaches laitières de l’exploitation Dreyer ne sortent plus paître depuis dix jours déjà.

Situation inhabituelle pour les vaches de l'exploitation Dreyer à cette période de l'année: depuis déjà dix jours, elles ne sortent plus paître à l'extérieur. Situation inhabituelle pour les vaches de l'exploitation Dreyer à cette période de l'année: depuis déjà dix jours, elles ne sortent plus paître à l'extérieur.

« Il faudrait bien une semaine de pluie, mais qu’il pleuve gentiment, pas des gros orages comme on a eu dernièrement, car l’eau s’infiltre alors directement dans le terrain et ne profite aucunement à la végétation. » Florian Dreyer, agriculteur associé de la communauté d’exploitation Dreyer, est inquiet de constater qu’aucune pluie n’est annoncée pour les dix prochains jours. Depuis le début du mois de juin, la sécheresse a de gros impacts sur l’exploitation dotée d’environ 90 hectares répartis entre Boveresse et Les Sagnettes. Déjà fortement rationnée en pâture extérieure, la soixantaine de vaches de l’exploitation est confinée à l’intérieur du bâtiment depuis 10 jours, dans des conditions identiques à la période hivernale. « La totalité de la ration leur est donnée en crèche, ce qui est une situation difficilement tenable sur le long terme et inquiétante pour l’hiver à venir en raison du stock de fourrage anecdotique cette année. »

Florian Dreyer : « On parle de 5-6 balles rondes de consommation par jour. On peut tenir encore un ou deux mois. »

Impossible de faire paître les vaches, il n'y a plus rien... à part des mauvaises herbes. Quant aux cultures, elles souffrent. Impossible de faire paître les vaches, il n'y a plus rien... à part des mauvaises herbes. Quant aux cultures, elles souffrent.

Début juin, la première coupe en montagne, précoce par rapport à la normale, affichait déjà une baisse de rendement estimée à 25%, due à la sécheresse, mais également à la présence de souris dans les champs au printemps dernier. Florian Dreyer indique que la deuxième coupe n’a pu être faite dans les champs situés en hauteur. « Ici en bas, on était alors à 50% de rendement en moins et pour la troisième coupe, il n’y a tout simplement rien actuellement. »

« Si le taux de protéine du blé est trop bas, le grain est déclassé en céréale fourragère. »

Si la situation devait se prolonger, l’exploitation sera contrainte de prendre des mesures : « il faudra réformer du bétail, c’est-à-dire en conduire prématurément à l’abattoir, pour en avoir moins. » Une décision qui, prise simultanément par d’autres exploitations, pourrait avoir un impact sur le prix de la viande et donc sur le revenu des agriculteurs, prévient Florian Dreyer.

« La sécheresse est très précoce cette année. »

L’agriculteur tient toutefois à rester optimiste : « on aura peut-être un bel automne qui nous permettra de rattraper ce qu’on n’a pas fait actuellement. Ce ne serait pas la première fois qu’on a un été sec, suivi de récoltes correctes aux mois de septembre et octobre. » /aes


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