Le Grand Conseil neuchâtelois a accepté mardi l’exercice 2025 qui boucle sur un bénéfice de 57,6 millions de francs. Tous les élus se sont toutefois accordés pour dire que la situation reste fragile.
Des comptes validés, non sans certaines inquiétudes. Le Grand Conseil neuchâtelois a donné son aval mardi, par 87 oui et 11 abstentions, à l’exercice 2025 qui affiche un bénéfice de 57,6 millions de francs. La plupart des élus ont toutefois relevé que cette situation était avant tout liée à des recettes extraordinaires, alors que les charges, elles, augmentent durablement.
Des charges qui s’accumulent face à des recettes plus volatiles
C’est de cette manière que le groupe vert’libéral, par la voix de Maxime Auchlin, a dépeint la situation. « Il ne faut pas crier victoire trop vite, car les nuages s’accumulent », a déclaré le député à la tribune. Maxime Auchlin a évoqué « des dépenses de fonctionnement excessives. » Le groupe UDC s’est montré plus critique encore et s’est abstenu lors du vote. Son représentant Damien Schär a déploré l’augmentation des effectifs de l’État et de la dette. À ses yeux, les collaborateurs doivent se montrer plus polyvalents pour limiter les engagements. « Une remise en question des prestations s’impose », a-t-il aussi déclaré. Selon le groupe, ce résultat positif est porté par des revenus inattendus sur lesquels le canton ne peut pas se reposer pour l’avenir.
Damien Schär : « On peut constater qu’on est dépendant financièrement de l’extérieur, notamment de la péréquation financière intercantonale. »
Le groupe PLR-Le Centre, par le biais de Stéphane Rosselet, a salué « l’excellence des comptes 2025 », mais n’a pas non plus caché son inquiétude. Son groupe redoute que les réserves, aujourd’hui alimentées par ce bon résultat, soient utilisées à l’avenir pour payer le fonctionnement de l’État. Pour y remédier, « il faut rendre le canton attractif afin d’élargir l’assiette fiscale », a déclaré Stéphane Rosselet.
Une vision moins alarmiste à gauche
De son côté, la gauche de l’hémicycle se veut moins alarmiste. Pour le groupe VertsPOP, Armin Kapetanovic a évoqué « des revenus fiscaux réjouissants » et « une économie résiliente ». Toutefois, à ses yeux, le programme d’économies de 200 millions de francs qui est esquissé « est exagéré ». Le groupe VertsPOP a rappelé que de nombreux services sont sous l’eau à l’image du Service pénitentiaire et du Service de la protection de l’adulte et de la jeunesse (SPAJ). Il faut au contraire renforcer la qualité du travail et la cohésion sociale, aux yeux d’Armin Kapetanovic, ce qui est « peu compatible avec les baisses d’impôts voulues par la droite », a-t-il ajouté. Pour le député, l’heure n’est pas venue de tailler ni dans les effectifs de l’administration, ni dans les prestations.
Armin Kapetanovic : « Ces programmes d’économies ont déjà eu lieu par le passé. Il n’y a probablement pas de prestations complètement inutiles. »
Pour le groupe socialiste, par la voix d’Hugo Clémence, ces comptes bénéficiaires doivent pousser l’État à répondre aux « défis sociaux et climatiques qui s’accumulent ». Face à ces besoins en augmentation, le groupe admet que la gestion actuelle n’est pas tenable à long terme.
La conseillère d’État en charge des finances, Crystel Graf, a quant à elle indiqué que le gouvernement partageait ce besoin de prudence. « Ce bon résultat ne doit pas être une illusion », a-t-elle déclaré. À ses yeux, la rigueur s’impose face aux signaux de ralentissements économiques et à l’augmentation des charges de l’’État. /sbm













