Le Conseil d’État met fin à la dérogation qui permettait d’éteindre certains éclairages. Au nom d’un principe simple : sans lumière, le danger est réel aux yeux du gouvernement.
Traverser un passage piéton dans le noir ne sera bientôt plus une option dans le canton de Neuchâtel. Le Conseil d’État a annoncé début mars ne pas reconduire la dérogation relative à l’éclairage des passages piétons. Introduite lors de la crise énergétique de l’hiver 2022-2023, la mesure ne se justifie plus aujourd’hui, selon l’exécutif cantonal. Il s’en explique dans une réponse écrite à une question déposée par Jennifer Hirter le 20 mars. La députée du Parti vert’libéral s’interrogeait sur le raisonnement qui a conduit à cette décision, alors que les incertitudes liées à l’approvisionnement énergétique restent présentes à ses yeux. Elle plaide également pour une prise en compte des données statistiques sur l’accidentologie aux passages piétons.
Le gouvernement rappelle, tout d’abord, que l’éclairage des passages piétons relève du droit fédéral. La dérogation accordée ces dernières années constituait une exception. « Aujourd’hui, la situation n’est plus comparable », estime-t-il, jugeant que les conditions ne sont plus réunies pour s’écarter des normes en vigueur.
Risque et responsabilité
Mais au-delà du cadre légal, c’est surtout la sécurité qui prime. Le Conseil d’État insiste : l’analyse ne doit pas se limiter aux accidents recensés, mais y intégrer le risque. « Même si le nombre de piétons est faible entre minuit et 5 heures, ils sont invisibles sans éclairage public », souligne-t-il. Un accident dans ces conditions pourrait avoir des conséquences graves, voire mortelles. Ce qui justifie la fin de la dérogation. « Dérogation qui a laissé quatre ans aux Communes pour se mettre en conformité avec le droit fédéral », rappelle encore l’exécutif.
L’absence d’éclairage est ainsi considérée comme un défaut d’infrastructure. Le gouvernement avertit : « En cas d’accident, la responsabilité du propriétaire de la route pourrait être engagée, y compris celle des élus et des collaborateurs directement concernés, à l’image de ce qu’il se passe dans le traitement du drame de Crans-Montana. »
Sur le terrain, la mise en conformité progresse. Selon les données cantonales, 15 communes sur 24 ont déjà adapté, totalement ou en partie, l’éclairage de leurs passages piétons. Un dernier délai a été fixé à la fin de l’année pour les routes cantonales. Pour les autres axes, la compétence revient aux communes, qui devront assumer les choix effectués.
Reste désormais à voir si toutes les Communes seront prêtes d’ici à la fin de l’année, ou si certaines accepteront d’en assumer les risques, comme à la Grande-Béroche. /jpp









