Service de l'enfance à Neuchâtel : les efforts doivent continuer

La situation au sein du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse inquiète toujours ...
Service de l'enfance à Neuchâtel : les efforts doivent continuer

La situation au sein du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse inquiète toujours. Le Grand Conseil neuchâtelois souhaite la mise en place d’un système statistique fiable et automatisé permettant de suivre efficacement le fonctionnement et l’évolution du SPAJ.

Le conseiller d'Etat Frédéric Mairy estime que la protection de l'enfance est un des défis majeurs de la société (archives). 
CREDIT: KEYSTONE/CYRIL ZINGARO Le conseiller d'Etat Frédéric Mairy estime que la protection de l'enfance est un des défis majeurs de la société (archives). CREDIT: KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

La réorganisation du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ) n'est pas encore complètement satisfaisante, au regard des députés neuchâtelois. Le Grand Conseil a toutefois accepté mardi de classer les deux injonctions, dont l'une demandait un audit externe, votées en avril 2024.La commission de gestion et d'évaluation (Coges) « salue les efforts entrepris », mais estime qu'il est nécessaire que les démarches se poursuivent, a déclaré Christian Mermet (PS), rapporteur. « La COGES a relevé d’importantes lacunes ».  Les outils de statistiques doivent être améliorés pour permettre de voir notamment les non-placements en raison de saturation

Christian Mermet : « Aujourd’hui, on ne sait pas pourquoi on a des statistiques différentes entre Neuchâtel et d’autres cantons comme Vaud ou Berne. »

Tous les groupes ont partagé leurs préoccupations d’un service qui connaît de fortes turbulences depuis plusieurs années. Le nombre de mineurs en difficulté a augmenté de 8% entre 2020 et 2024. Les intervenants qui s’occupent de ces enfants sont surchargés.

Les députés se sont aussi émus du taux de satisfaction très bas au sein de l’office de protection de l’enfant. « Depuis le moment de l'enquête à fin 2024, la situation a continué de s'améliorer », a déclaré le conseiller d'État Frédéric Mairy, en charge de la jeunesse. Ce dernier a relevé que la protection de l'enfance, un défi majeur de la société, fait aussi des vagues dans d'autres cantons.

Avec les mesures prises comme la supervision externe et le coaching des cadres, le taux de rotation du personnel est passé de 17,6% en 2024 à 5,8% en 2025. « Il faut rester vigilant et interpréter ces indicateurs avec prudence », a ajouté le rapporteur de la commission.

Inquiet par le fonctionnement du SPAJ, le Grand Conseil neuchâtelois avait utilisé en avril 2024 pour la première fois l'outil parlementaire de l'injonction. La première demandait qu'un nouvel audit externe et indépendant évalue la structure, le fonctionnement et la gouvernance du SPAJ. L'audit, réalisé par Godet Conseils, s'est achevé le 15 février 2025 et a été publié en mai.


Motion acceptée

La seconde injonction portait sur des indicateurs statistiques pour mieux appréhender les politiques publiques. Le Conseil d'État a expliqué que plus de 50 indicateurs ont été définis, dont la moitié est opérationnelle.

Selon les députés, la 2e injonction n'est pas complètement remplie. Ils s'inquiètent de l’absence de comptabilisation des cas non formalisés, ce qui rend impossible une évaluation sérieuse de la pression sur le système, de la saturation des places disponibles ou de l’efficacité des mesures prises. Une motion de la commission, demandant notamment la mise en place d'un système statistique fiable et automatisé, a été acceptée tacitement, le Conseil d'État ne s'y étant pas opposé.

« Si on ne propose pas de placements à des enfants, on veut savoir si c’est parce qu’ils n’en ont pas besoin ou si c’est parce qu’on n’a pas de place. »

/ATS-jpp


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