La Chaux-de-Fonds capitale culturelle : certains acteurs locaux font part de leur mécontentement

Inquiétude, colère : des acteurs culturels chaux-de-fonniers font part de leur mécontentement ...
La Chaux-de-Fonds capitale culturelle : certains acteurs locaux font part de leur mécontentement

Inquiétude, colère : des acteurs culturels chaux-de-fonniers font part de leur mécontentement à l’association qui pilote Capitale culturelle suisse dans une lettre anonyme. Le choix des projets artistiques est en cause.

Les Anciens abattoirs, futur centre névralgique de capitale culturelle. (Photo d'archives : Bertrand Pfaff). Les Anciens abattoirs, futur centre névralgique de capitale culturelle. (Photo d'archives : Bertrand Pfaff).

Après les démissions de la directrice artistique de Capitale culturelle suisse et celle du délégué communal chaux-de-fonnier à la culture, voici une lettre anonyme. Une missive qui dénonce le pilotage de lcdf27. Elle a été envoyée aux responsables aujourd'hui, ainsi qu'aux médias. Rappelons qu’une première sélection de projets artistiques est achevée et qu’un second appel est en cours. Ce processus de choix est vivement critiqué par les auteurs de cette lettre anonyme.

Il est en effet question de « profonde inquiétude », « colère », « sentiment de trahison ». Ce sont les mots employés dans cette missive, et ils sont forts. Ils émaneraient d’artistes, de compagnies, d’associations, de collectifs, de médiateurs, de travailleurs culturels peut-on lire, bref une très large palette du milieu culturel chaux-de-fonnier.

Ce même milieu affirme ne pas avoir été entendu dans son refus d’une directrice artistique unique, dans son « exigence », écrit-il, d’un ancrage local dans la direction artistique. On y lit aussi une critique de la transparence des processus d’appels à projets et de l’équité dans la distribution des moyens : 12 millions de francs pour le fonctionnement administratif de lcdf27 et 6 millions pour les projets artistiques, c’est, lit-on encore, une « disproportion inacceptable ». Selon cette lettre, « certaines institutions » ont été sélectionnées en dehors de tout processus de candidature. Ce serait le cas du TPR, qui aurait reçu – selon la missive – « un important financement direct ».


Les signataires restent anonymes

Pour l’instant, impossible de savoir combien d’acteurs culturels sont derrière cette démarche. Mais un interlocuteur témoigne. Sous couvert d’anonymat, il nous explique qu’un de ses projets a été retenu mais que celui-ci ne sera financé qu’à 50% par Capitale culturelle suisse. Difficile de trouver l’autre moitié du financement quand les projets retenus sont accompagnés d’une clause d’embargo d’un an, ce qui signifie que les sponsors qui s’engageraient le feraient en quelque sorte les yeux bandés.

Un autre acteur culturel de La Chaux-de-Fonds explique que pour un projet de cette envergure –une première édition qui plus est – c’est normal qu’il y ait des bugs. Mais il met en garde les dirigeants de lcdf27. Cette lettre ouverte, anonyme mais collective, « est un signal d’alarme qu’il ne faut pas traiter à la légère. Il faut une réponse », estime-t-il. Pour lui, le vrai problème c’est le budget. 18 millions « ce n’est pas grand-chose » juge-t-il, pour une manifestation de cette taille.

Contactée, l’association lcdf27 dit ne pas vouloir commenter de courrier anonyme. Elle ajoute avoir posé des bases solides en vue de Capitale culturelle suisse en 2027. /vco-cwi-aju


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