« Face au mur », le système de santé doit se réinventer

À Neuchâtel, acteurs publics et privés de la santé se sont réunis pour débattre de l’avenir ...
« Face au mur », le système de santé doit se réinventer

À Neuchâtel, acteurs publics et privés de la santé se sont réunis pour débattre de l’avenir des soins en Suisse. Une conférence marquée par un constat partagé : la nécessité d’une réforme en profondeur et d’une meilleure coopération entre secteurs public et privé.

Les hôpitaux, comme le Réseau hospitalier neuchâtelois, sont en première ligne face aux défis de financement et de coordination du système de santé. Les hôpitaux, comme le Réseau hospitalier neuchâtelois, sont en première ligne face aux défis de financement et de coordination du système de santé.

Lundi soir, la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie a accueilli une conférence sur le thème « Le système de santé face au mur : quelles réformes pour éviter le crash ? », à l’initiative du think tank Entente Système de santé libérale. Devant un public composé de représentants d’hôpitaux, de la pharma et du groupe de cliniques privées Swiss Medical Network, les intervenants ont débattu pendant près de deux heures de l’avenir du système de santé suisse.

L’objectif affiché : trouver des pistes pour garantir la qualité des soins tout en maîtrisant l’escalade des coûts et en maximisant l’efficacité du système. Parmi les propositions discutées, la réduction de la complexité réglementaire et un renforcement des collaborations entre acteurs publics et privés.

« Un système face au mur »

Pour Frédéric Mairy, conseiller d’État neuchâtelois en charge de la santé, le constat est clair : « Ce n’est pas une spécificité du canton de Neuchâtel. L’augmentation des coûts depuis une bonne vingtaine d’années est corrélée à l’augmentation de la population, au progrès de la recherche et au vieillissement de la population ».

Selon lui, « ce qui manque, c’est une vision globale à l’échelle fédérale de ce qu’on veut en matière de santé. On n’a pas aujourd’hui de loi de santé pour savoir ce qu’on se fixe comme priorité ». Le ministre plaide donc pour « une réforme en profondeur » et pour que ces questions soient « portées par la Confédération en lien avec les cantons et avec les acteurs de la santé ».

Un diagnostic partagé par Raymond Loretan, président de Swiss Medical Network : « Le système de santé est face au mur parce qu’il est hyper réglementé ». Pour lui, il est urgent d’ouvrir la voie à de nouvelles pratiques : « On doit s’orienter maintenant vers des solutions possibles et immédiates, par exemple les systèmes de soins coordonnés et les systèmes de soins intégrés tels qu’on les a sur le réseau de l’Arc ».

Frédéric Mairy : « Il faut améliorer la coordination entre les acteurs. »

Plus de collaborations public-privé

Si tous s’accordent à dire que la coopération entre privé et public doit se renforcer, les nuances demeurent. Frédéric Mairy rappelle que « les collaborations existent déjà, les médecins généralistes qui sont une pièce essentielle du système de soins et qui devraient être renforcés sont des acteurs privés ». Pour lui, « la collaboration public-privé doit demeurer, mais doit s’inscrire dans une vision de santé publique, qui doit être définie par le politique ». Et de préciser : « Ce qui compte avant tout, c’est améliorer la coordination entre les acteurs pour améliorer la qualité des soins et contribuer à la diminution des coûts ».

De son côté, Raymond Loretan insiste sur la complémentarité entre les deux secteurs : « Le système privé ne résout pas tout seul les problèmes. Je pense qu'il est complémentaire au public ». À ses yeux, la flexibilité du privé constitue un véritable atout : « Le système privé apporte une complémentarité là où le système public est moins flexible », évoquant la mise en place des soins intégrés supra-cantonaux dans le réseau de l’Arc. /lph

Raymond Loretan : « Le système privé est complémentaire au public. »


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