Deux semaines après le triple homicide de Corcelles qui a bouleversé la région, le drame a fait l’objet de nombreuses discussions mardi au Grand Conseil neuchâtelois. Les députés ont notamment exigé des actions ciblées, davantage de prévention et une stratégie cantonale pour lutter contre les violences domestiques.
Après l’horreur, l’heure des questions. Deux semaines après le triple homicide de Corcelles, dans lequel une mère et ses deux filles ont perdu la vie, le drame était au cœur des discussions mardi au Grand Conseil. Les députés neuchâtelois ont en effet déposé un postulat, accepté, et deux interpellations en lien avec les violences domestiques en rebond à cette affaire. Quelle est la situation actuelle à Neuchâtel ? Quelle stratégie veut adopter le canton pour lutter contre les féminicides ? Avec quelles mesures ? Et quel budget ? Les interrogations étaient nombreuses.
« Il faut faire bouger les choses », a d’abord lancé la députée UDC Roxann Barbezat, première signataire de l’une des interpellations, tout en rappelant que malheureusement, le risque zéro n’existe pas. Un point de vue partagé de l’autre côté de l’hémicycle par Nathalie Ljuslin, signataire d’une autre interpellation au sujet des violences domestiques. « Il faut une réponse politique à la hauteur du choc, une réponse durable », a souligné l’élue socialiste. Pour elle, le triple homicide de Corcelles est « un drame absolu, mais qui n’est pas isolé. En 2025 en Suisse, on compte déjà 23 féminicides. Soit plus que les 19 de l’année 2024 dans son entier », a-t-elle rappelé.
Nathalie Ljuslin : « La prévention reste le maillon faible ».
Agir face à « ce fléau »
Face à ces inquiétudes, le Conseil d’État a tenu à rassurer les députés. « Nous avons déjà lancé des réflexions au niveau cantonal. Nous étudions la possibilité de réviser la loi sur la police, la loi sur la lutte contre les violences conjugales. Nous explorons absolument toutes les mesures possibles », a résumé la conseillère d’État Céline Vara. Pour elle, l’objectif est de pouvoir mettre en place de nouvelles mesures dès le début de l’année 2026 pour tenter de limiter ces violences domestiques, un « fléau de notre société ».
Pour Florence Nater, la lutte contre les violences demande « un travail sociétal de fond ». La conseillère d’État a également tenu à rappeler que le Canton n’avait pas attendu le drame de Corcelles pour entreprendre des mesures. Ces dernières années, les autorités ont renforcé la cellule de prévention des menaces, ouvert un centre neuchâtelois des violences ou encore créé des formations dédiées à la détection des violences. Tant Florence Nater que Céline Vara ont abordé le modèle espagnol de lutte contre les féminicide. Depuis plusieurs années, l’Espagne a mis en place un panel important de mesures, avec un grand budget pour les réaliser. Ce qui a permis de réduire de 25% les cas de féminicide. Un effort important, mais qui montre que la prévention ne suffit pas, selon la conseillère Florence Nater. « C'est un combat qui nécessite des moyens renforcés, mais j'ai envie de dire dans toute la chaîne », explique-t-elle.
Florence Nater : « L’idée de pouvoir agir plus vite, avant que la violence physique ne s’installe. »
Un plan d’action est en cours d’élaboration, comme le calendrier le prévoit pour 2026, afin de mobiliser des ressources complémentaires dans cette lutte face à la violence. Mais Florence Nater et sa collègue de gouvernement Céline Vara ont l’intention de proposer au Conseil d’État des mesures qu’il serait possible de renforcer immédiatement. /gjo-lgn













