Service de la jeunesse à Neuchâtel : deux injonctions approuvées

Les députés neuchâtelois se sont penchés mardi sur le rapport de la commission de gestion et ...
Service de la jeunesse à Neuchâtel : deux injonctions approuvées

Grand Conseil neuchâtelois Les députés neuchâtelois se sont penchés mardi sur le rapport de la commission de gestion et d’évaluation sur la situation du Service de la SPAJ. (Photo : archives)

Le Grand Conseil neuchâtelois demande une restructuration fonctionnelle du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse qui avait été jugée « préoccupante ». Les députés souhaitent également obtenir des indicateurs statistiques définis

Les députés neuchâtelois se sont penchés mardi sur le rapport de la commission de gestion et d’évaluation sur la situation du Service de la protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ), jugée 'préoccupante'. Le dossier avait été présenté en mars lors d'une conférence de presse. Ce mardi, les députés ont approuvé deux injonctions au gouvernement.

"Les injonctions de la commission de gestion et d’évaluation (Coges) au Conseil d'Etat sont des outils parlementaires qui n'avaient jamais été utilisés", a déclaré Romain Dubois (PS), rapporteur de la commission. Cette dernière y a recouru car "le nouvel organigramme, décidé à la suite de la réorganisation annoncée en septembre 2023, risque d'aggraver les choses", a-t-il ajouté. Les démissions continuent depuis le début de l'année.

Les députés de tous bords se sont dits préoccupés par la situation au SPAJ, tant pour les employés, que pour les bénéficiaires qui sont une population fragilisée. "Il y a beaucoup de souffrances aussi bien pour le personnel que pour les familles", a déclaré le PLR Francis Krähenbühl.

"La politique d'austérité a péjoré la marche du service. Il faut lui donner les moyens indispensables à son bon fonctionnement. (...) La réorganisation du service ne va répondre que très partiellement aux problèmes car le nouvel organigramme renforce la hiérarchie alors qu'un manque d'autonomie du personnel a été relevé. Le climat de travail est à améliorer sans tarder", a expliqué Julien Gressot (POP).

Entretien avec Frédéric Mairy, conseiller d'Etat en charge du dossier.

Structure à revoir

Corinne Bolay Mercier (PS) a déploré la surcharge du système - une année peut s'écouler pour une enquête sociale - et les mesures largement insuffisantes prises par le gouvernement qui tendent plutôt à renforcer certains dysfonctionnements. Des entités plus petites, plus proches du terrain, moins hiérarchisées et moins morcelées doivent être créées.

Dans la 1ère injonction, le Grand Conseil demande de revoir la structure fonctionnelle du service. Un nouvel audit externe et indépendant devra évaluer la structure, le fonctionnement et la gouvernance du SPAJ.

Le Conseil d'Etat ne s’est pas opposé au principe de cette injonction, mais il a estimé prématuré de lancer une nouvelle évaluation " sans attendre" alors que la réorganisation n'a pas encore déployé ses effets, a déclaré Frédéric Mairy, qui a hérité du SPAJ à son entrée en fonction au 1er mars. Jusque-là, le service était en mains de Crystel Graf.

Des mesures ont été mises en place depuis septembre 2023. A titre d'exemple, la participation financière des parents aux mesures de placement a désormais été confiée à l’unité financière du service.

"Nous allons travailler à apporter des réponses, mais il est difficile de dire si la structure est la bonne et si elle fonctionne alors qu'elle n'a pas pu être éprouvée sur le terrain", a-t-il ajouté. Frédéric Mairy a précisé que le Conseil d'Etat s'engage à donner une réponse d'ici à l'année prochaine. Son amendement a été accepté.

La 2e injonction, acceptée à l'unanimité, demande que des indicateurs statistiques soient définis pour cerner les politiques publiques déployées par le SPAJ, en particulier à l’aune du bien de l’enfant. Ceux-ci doivent être appliqués, de manière transparente et efficace.

 

Monitoring des ressources humaines

Le Grand Conseil a aussi largement accepté un postulat de la Coges, qui demande de présenter la manière dont le monitoring des ressources humaines de l’État est fait actuellement, notamment lorsque les indicateurs statistiques révèlent des chiffres inquiétants. Le Conseil d’État doit également étudier la possibilité de faire appel à un organe indépendant de suivi de la santé et de la sécurité du personnel de l’État, pouvant notamment recevoir des plaintes anonymes.

Le Conseil d’État était opposé au postulat. En raison de la séparation des pouvoirs, c'est le gouvernement qui dirige l'administration. De plus, le canton apporte une réponse dans son rapport sur les lanceurs d'alerte et possède un groupe de confiance indépendant, a expliqué le président du Conseil d'Etat Alain Ribaux. Selon lui, le postulat est "superfétatoire". /ATS-fba-aju

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