Congé maternité des fonctionnaires : 200 personnes manifestent

Les formations politiques de gauche, les syndicats et des mouvements féministes du canton de ...
Congé maternité des fonctionnaires : 200 personnes manifestent

Les formations politiques de gauche, les syndicats et des mouvements féministes du canton de Neuchâtel ont occupé la cour du Château pour dénoncer un amendement qui propose de réduire la durée du congé maternité des fonctionnaires de de 17,4 à 16 semaines

Les manifestants ont pris possession de la cour du Château, siège des autorités cantonales. Les manifestants ont pris possession de la cour du Château, siège des autorités cantonales.

Près de 200 personnes ont manifesté mardi dans la cour du Château de Neuchâtel pour demander d’éviter que la durée du congé maternité des fonctionnaires ne soit raccourcie. Le Grand Conseil, à majorité féminine, va se pencher sur ce sujet durant cette session.

Partis de gauche, syndicats et mouvements féministes du canton de Neuchâtel condamnent les intentions qualifiées de « scandaleuses » de la droite. Depuis plus de 30 ans, les femmes de la fonction publique neuchâteloise bénéficient d’un congé maternité de quatre mois, soit 17,4 semaines. La durée peut toutefois être réduite jusqu’à 24 jours si la mère se trouve en congé maladie en fin de grossesse pour une raison en lien avec cette dernière.

Pour supprimer l'inégalité de traitement entre mères, les partis de gauche ont déposé un projet de loi demandant que le congé maternité débute le jour de l’accouchement au sein de la fonction publique. En commission, tous les groupes ont reconnu le problème, mais le PLR a déposé un amendement proposant de réduire la durée à 16 semaines (3,7 mois).

De son côté, l'UDC veut encore aller plus loin et a déposé un autre amendement pour faire passer le congé à 14 semaines. Selon le parti, cela « serait conforme au minimum prévu par la loi fédérale et appliqué en tant que tel dans le secteur privé dans la plupart des entreprises ».

« Corriger une injustice »

Ce « mauvais signal », selon les manifestants, concernerait les femmes soumises à la loi sur le statut de la fonction publique, à savoir le personnel de l’administration cantonale, des communes et de certaines entités parapubliques, mais aussi les enseignants ainsi que le personnel administratif de l’Université de Neuchâtel.

« Plutôt que de simplement corriger une injustice touchant environ 20 femmes enceintes par an, la droite a décidé de péjorer les conditions de travail de l’ensemble du personnel féminin de l'Etat », a déclaré Romain Dubois, député et président du Parti socialiste neuchâtelois.

La proposition « n’est aucunement fondée sur des arguments financiers ». « Les coûts d’un congé maternité débutant le jour de l'accouchement pour toutes les femmes seraient totalement insignifiants pour l'Etat et se monteraient à maximum 50'000 francs par an », a expliqué Claude Grimm, secrétaire régionale du SSP.

En Suisse, malgré des congés « nettement moins généreux que dans les pays voisins, la tendance est à l'allongement de ces derniers », ont répété les orateurs. Plusieurs d'entre eux ont estimé que la fonction publique neuchâteloise est déjà moins généreuse que la moyenne des entrepreneurs du canton. Le congé maternité est par exemple de 22 semaines chez Philip Morris et de 18 semaines chez Migros, Coop, Aldi et Lidl.

Une enseignante a rappelé dans sa prise de position que le Grand Conseil avait déjà refusé en juin 2021 un congé allaitement d'un mois pour les fonctionnaires. /ats


 

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