Christine Gaillard en eaux troubles

Le travail de la conseillère communale de la Ville de Neuchâtel laisserait à désirer : l’exécutif ...
Christine Gaillard en eaux troubles

Le travail de la conseillère communale de la Ville de Neuchâtel laisserait à désirer : l’exécutif a dû reprendre en main les importants dossiers de son dicastère. C’est ce que montre l’enquête de notre rédaction. De son côté, Christine Gaillard tempère

Le travail de Christine Gaillard n'est pas satisfaisant selon nos informations. (Photo : archives) Le travail de Christine Gaillard n'est pas satisfaisant selon nos informations. (Photo : archives)

Christine Gaillard navigue entre brume et pleine tempête. Le travail de la conseillère communale de la Ville de Neuchâtel est remis en question. À tel point que l’exécutif a dû reprendre en main les dossiers importants de son dicastère, précisément ceux hautement stratégiques issus du secteur de l’urbanisme, et qui concernent notamment les Jeunes-Rives et Serrières.

Depuis quelques mois, Christine Gaillard est accompagnée par au moins un de ses collègues de l’exécutif dans la gestion des « gros » dossiers qui lui incombent et qui piétinent. Tout d’abord, le projet des Jeunes-Rives, qui sera enfin dévoilé mardi 21 janvier, 18 ans après Expo.02. Il requiert certes de la transversalité entre les dicastères, mais cela va au-delà, comme l’ont constaté certains acteurs qui sont amenés à travailler avec l’élue verte. Selon plusieurs sources, les séances se tiennent en présence d’un deuxième conseiller communal. Mise sous tutelle ? « Non », rétorque Christine Gaillard. « On ne peut pas dire que je ne suis plus maître de mes dossiers. J’ai demandé l’appui du Conseil communal lorsque j’ai repris le dossier en janvier 2018. Il est copiloté avec Violaine Blétry-de Montmollin et, depuis août 2019, le président du Conseil communal, Thomas Facchinetti, participe aussi ». Pour Christine Gaillard, un tel projet ne peut pas être mené en solitaire. Pour d’autres témoins contactés, elle n’est tout simplement pas compétente pour le faire.

En ce qui concerne les projets liés à Serrières, plusieurs acteurs nous ont confié qu’il était compliqué de les faire avancer. Christine Gaillard, qui habite le quartier, ne gère d’ailleurs plus celui de Tivoli sud. Selon nos sources, il lui a été demandé de se récuser en raison de potentiels conflits d’intérêts, elle qui a notamment siégé au comité de l’« AQSB ! », « l’Association de quartier – Serrières bouge ! ». Ce à quoi elle répond qu’il s’agit de sa propre décision. Sur les autres dossiers du quartier, elle nous précise qu’elle les pilote seule. Et pourtant, pour le chantier de Tivoli nord par exemple, certaines négociations se font avec le conseiller communal Fabio Bongiovanni.

Christine Gaillard maintient toutefois qu’elle a la mainmise à 100% sur ses dossiers. Mais les exemples précédemment cités et les témoignages récoltés soulignent le contraire.


Gestion déficiente

Outre ces dossiers, la gouvernance de son dicastère laisserait clairement à désirer. Le Service de l’urbanisme dysfonctionne, les dossiers n’avancent pas et les conditions de travail sont difficiles, expliquent plusieurs sources, qui, sous le couvert de l’anonymat, se sont confiées à notre rédaction. Selon certaines d’entre elles, « Christine Gaillard n’a pas le contrôle des dossiers, ne fixe pas d’objectifs clairs et ne s’implique pas dans le management ». D’ailleurs, la gestion des ressources humaines serait aussi chaotique.

La conseillère communale admet qu’elle a en charge des dossiers compliqués et que forcément elle rencontre des difficultés. « Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont mal gérés », ajoute Christine Gaillard. Elle souligne que le Service des bâtiments est en pleine reconstruction après les tumultes du passé. « Des mesures pour gommer les dysfonctionnements ont été prises mais cela prend du temps. La nouvelle structure se met en place depuis le début de l’année et je suis confiante pour l’avenir ».

Il n’empêche : selon nos sources, des collaborateurs sous sa direction sont à bout. Certains veulent démissionner alors que d’autres attendent impatiemment les élections communales du mois de juin pour qu’il y ait du changement. /jpp


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