CNP : des changements qui amènent leur lot d’inquiétudes

Le Centre neuchâtelois de psychiatrie est en pleine mutation avec des missions repensées, des ...
CNP : des changements qui amènent leur lot d’inquiétudes

Le Centre neuchâtelois de psychiatrie est en pleine mutation avec des missions repensées, des nouveaux projets et des déménagements. Ces changements suscitent certaines inquiétudes parmi le personnel

L'un des bâtiments du CNP sur le site de Préfargier. (Photo: CNP) L'un des bâtiments du CNP sur le site de Préfargier. (Photo: CNP)

Le Centre neuchâtelois de psychiatrie ressemble à un vaste chantier. L’institution a une nouvelle directrice depuis le 1er décembre en la personne de Raffaella Diana et le Conseil d’administration a été en grande partie renouvelé. Le CNP est par ailleurs, et surtout, en train de repenser fondamentalement ses missions en essayant de maintenir davantage les patients dans leur environnement social en développant une psychiatrie dite « communautaire » plutôt qu’en hôpital. Cela passe par le développement d’équipes mobiles et par la réduction du nombre de lits en institution, presque réduit de moitié en 10 ans. Aujourd’hui, le CNP affiche 113 places de psychiatrie hospitalière de soins aigus destinées à accueillir des patients dès 13 ans, contre environ 200 places à sa création en 2009, explique le directeur médical Pedro Planas. De nouvelles prestations font aussi leur apparition à l’image des collaborations pilotes mises sur pied avec des cabinets de médecins de famille. Pedro Planas, directeur médical du CNP :

Les cabinets de groupe inclus dans ce projet se situent au Locle, au Val-de-Ruz et à Saint-Aubin.

Les changements se font aussi ressentir sur le terrain avec le rapatriement, durant cette fin d’année, des activités de psychiatrie hospitalière de Perreux à Préfargier. Deux unités hospitalières de psychiatrie de l’âge avancé seront prochainement installées sur le territoire de Marin après quelques travaux d’aménagement des locaux. Le CNP prévoit de quitter complètement le site de Perreux d’ici 2022. Ces premiers déménagements ont été rendus possibles par l’ouverture du foyer Vert-Bois à Fontainemelon et par le recours à des appartements de la coopérative La Renouvelle à La Chaux-de-Fonds où les locataires bénéficient d’un encadrement du CNP ; deux éléments qui ont permis de libérer 36 places à Préfargier.

Craintes du personnel

Tous ces chamboulements suscitent des inquiétudes au sein du personnel, qui fait état de congés maladie et d’une direction qui n’est plus à l’écoute. Le directeur médical du CNP Pedro Planas reconnaît les souffrances des employés :

Pedro Planas admet également que certains patients s’interrogent face à ces changements. Il estime toutefois que la qualité de la prise en charge est maintenue.

Le président du conseil d’administration du CNP, Jean-Pierre Brügger, indique de son côté qu’il n’y a pas eu de licenciements en lien avec ces restructurations à ce stade, mais aucune garantie n’est donnée à ce sujet pour les prochaines années. Actuellement, le CNP est en proie à des difficultés financières. Le budget 2019 affiche un déficit de 2,5 millions de francs face à des charges d’exploitation qui se montent à 92 millions de francs.

Pedro Planas en est toutefois convaincu : à l’aube de ses 10 ans, qui seront célébrés l’an prochain, le CNP prend la bonne direction en matière de prise en charge des patients. /sbe


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