« Sans budget, le canton de Neuchâtel doit réduire son train de vie »

Bernard Dafflon, professeur émérite de finances publiques à l'Université de Fribourg, donne ...
« Sans budget, le canton de Neuchâtel doit réduire son train de vie »

Bernard Dafflon, professeur émérite de finances publiques à l'Université de Fribourg, donne sa vision sur la situation financière de l’État de Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel a des dépenses trop élevées au regard de son bassin de population. Pour retrouver les chiffres noirs, il doit mener des réformes structurelles permettant de réduire son train de vie, selon l'expert Bernard Dafflon. Mais ses dissensions l'empêchent d'avancer.

Renvoyer le budget au Conseil d'État, comme l'a fait la droite mercredi au Grand Conseil, consiste seulement à « refiler la patate chaude », commente le professeur émérite de finances publiques à l'Université de Fribourg, jeudi dans une interview à La Liberté.

Il faut trouver où appliquer ces réformes, en débattre, et assumer les baisses de prestations qui en découlent. Mais « y répondre est politiquement trop délicat : tension entre le Haut et le Bas, tension entre la droite et la gauche, personne ne veut perdre des voix. »

 

Redimensionner

Neuchâtel a des coûts par habitant plus élevés qu'ailleurs, notamment dans la santé et l'éducation. Ce n'est pas parce que ce canton est un mauvais gestionnaire, mais parce que ses coûts fixes se répartissent sur une population plus faible, dit l'expert.

Dans le domaine hospitalier : les fonctions de l'Hôpital neuchâtelois sont comparables à celles du Réseau hospitalier fribourgeois. Or, la population cantonale est bien moindre (180'000 habitants contre 300'000).

Pourtant, certains cantons plus petits ne connaissent pas les problèmes de Neuchâtel. Les demi-cantons d'Appenzell, par exemple, ont renoncé à certaines infrastructures, explique Bernard Dafflon. Pour fournir des prestations comparables à leurs habitants, ils signent des collaborations avec les cantons voisins comme St-Gall.

 

Fiscalité

Du côté des recettes, Neuchâtel subit les effets des baisses fiscales accordées aux entreprises il y a une décennie, estime l'expert. Celles-ci n'ont pas réussi à faire venir les entreprises qu'elles étaient censées attirer. Et comme le tissu industriel neuchâtelois est peu diversifié, les difficultés des branches concernées ont des conséquences directes sur les revenus fiscaux.

Du reste, à long terme, la concurrence fiscale ne donne pas les résultats escomptés. Pour s'aligner, les cantons baissent leurs taux d'imposition à tour de rôle. Les différentiels entre les cantons finissent par s'annuler, et les recettes en souffrent. En plus, il est politiquement ardu de récupérer un impôt qui a été baissé. /ATS


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