La reconnaissance des communautés religieuses attendra

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La reconnaissance des communautés religieuses attendra

Le Grand Conseil neuchâtelois a remis à plus tard la décision d'ouvrir ou non la reconnaissance de nouvelles communautés religieuses par l'Etat mardi. Le dossier est renvoyé en commission

Le Grand Conseil neuchâtelois Le Grand Conseil neuchâtelois, partagé sur la question de la reconnaissance de nouvelles communautés religieuses par l'Etat, a préféré renvoyer le dossier en commission.

Le débat s’est ouvert puis refermé sur l’éventuelle reconnaissance de nouvelles communautés religieuses par l’Etat de Neuchâtel. Le Grand Conseil neuchâtelois a empoigné un projet de loi en ce sens mardi avant de le renvoyer en commission pour qu’il soit retravaillé.

Le texte propose d’ouvrir la reconnaissance étatique de communautés religieuses au-delà des Églises catholique romaine, catholique chrétienne et réformée évangélique pour l’heure seules reconnues. Les communautés musulmanes, évangéliques et juives pourraient potentiellement tenter l’aventure.

Pour prétendre à une reconnaissance, les communautés devraient répondre à une série de critères. Elles auraient l’obligation de se présenter sous forme d’association, de faire preuve de transparence financière en matière de ressources, d’afficher une implantation significative et durable dans le canton ou encore de jouer un rôle social et de s’adonner à une activité cultuelle régulière. Toute demande de reconnaissance devrait être validée par le Grand Conseil.

 

Rejet franc de l’UDC

Pour le groupe UDC, ces conditions ne sont pas suffisantes. Le député UDC Niels Rosselet-Christ y voit « une augmentation de l’empreinte des dogmes religieux qui va à l’encontre de la laïcité de l’Etat ». Pour lui, l’égalité de traitement entre les différentes communautés religieuses est déjà assurée par d’autres textes de lois. En cas de reconnaissance de nouvelles communautés religieuses, la décision devrait revenir à chaque fois au peuple, estime-t-il.

Certaines réticences se sont également fait entendre du côté du Parti libéral-radical pour qui trop de points restent obscurs, notamment en matière d’incidences financières.

La vision est tout autre du côté de Jean-Jacques Aubert, du groupe PopVertSol. À ses yeux, ce projet de loi permettra de mettre fin à une inégalité de traitement entre les différentes communautés religieuses. Il estime que les conditions sont suffisamment strictes pour éviter d’éventuelles dérives. « Le tissu religieux du canton a changé, il faut en prendre acte, sans crainte, sans arrière-pensées et sans préjugés », dit-il.

Le Parti socialiste a apporté un soutien franc au projet. Le député socialiste Thomas Facchinetti voit dans ce texte le moyen de renforcer la paix religieuse et par là même la paix civile.

 

Légiférer pour mieux encadrer: la vision du Conseil d'Etat

Le conseiller d’Etat Laurent Kurth a quant à lui déclaré : « C’est l’Etat qui est laïc, pas la population neuchâteloise ». Pour lui, ce texte permettra aux différentes croyances de s’épanouir dans l’espace public mais dans un cadre défini par la loi.

La reconnaissance donnerait le droit à ces communautés de percevoir une contribution volontaire de leurs membres par le biais de l’Etat ou encore d’accéder à des locaux dans les écoles pour enseigner, en dehors des heures scolaires.

L’avenir dira si la nouvelle mouture de ce projet de loi vaincra ou non les réticences exprimées ce mardi. /sbe


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