Réformes en danger en cas d’abandon de la CCT Santé 21 pour le gouvernement

Le Conseil d’Etat neuchâtelois appelle au maintien de la Convention collective de travail Santé ...
Réformes en danger en cas d’abandon de la CCT Santé 21 pour le gouvernement

Le Conseil d’Etat neuchâtelois appelle au maintien de la Convention collective de travail Santé 21 le 26 novembre. À ses yeux, chambouler les conditions de travail du personnel de la santé mettra en danger les réformes en cours et ne permettra pas de réduire les coûts

 Photo d'archives.

« Plus le système se déstabilise, moins on arrive à faire des économies et à rendre le système efficient ». Cette citation du chef du Service cantonal de la santé publique Vincent Huguenin-Dumittan résume la position du Conseil d’Etat neuchâtelois en vue de la votation sur la Convention collective de travail Santé 21. Le 26 novembre, les citoyens neuchâtelois sont appelés à dire s’ils souhaitent conserver cette CCT ou la remplacer par de nouvelles conventions qui feraient la distinction entre personnel soignant et non-soignant.

Pour le gouvernement, le fait de chambouler les conditions de travail du personnel de la santé risque de mettre en danger les réformes nécessaires en cours. Vincent Huguenin-Dumittan évoque la mise en place de l’initiative pour deux hôpitaux, la nécessité de développer l’ambulatoire et le maintien à domicile des seniors ou encore le regroupement des activités du Centre neuchâtelois de psychiatrie. À ses yeux, le personnel a besoin de conditions de travail stable pour empoigner au mieux ces chantiers et maintenir l’attractivité de ces métiers.

 

Pas d'économies en vue selon Laurent Kurth

Pour le conseiller d’Etat en charge de la santé Laurent Kurth, l’abandon de la CCT Santé 21 ne permettra pas de faire des économies. Il s’appuie sur l’étude réalisée par l’IDHEAP, l’Institut des hautes écoles en administration publique, qui affirme que la CCT n’a qu’une influence marginale sur les coûts de la santé et que les salaires et avantages qui en découlent constituent un paquet équilibré et dans la moyenne en comparaison à d’autres cantons.

Laurent Kurth indique encore que la hausse des coûts ne peut pas être mise sur le dos de la CCT Santé 21. L’augmentation s’observe dans des domaines où la CCT n’a pas cours, comme l’ambulatoire.

Vincent Huguenin-Dumittan ajoute que la distinction souhaitée entre personnel soignant et personnel non-soignant va à l’encontre du fonctionnement pluridisciplinaire de la santé aujourd’hui, où de nombreuses fonctions entrent en ligne de compte dans la prise en charge d’un seul patient. La différenciation s’annonce aussi compliquée : dans quelle catégorie classer le physicien qui s’assure du bon fonctionnement des appareils de radiothérapie, se demande le gouvernement ?

Pour le Conseil d’Etat, la négociation des conditions de travail est l’affaire des partenaires sociaux et doit le rester. Il invite donc le peuple neuchâtelois à refuser l’abandon de la CCT Santé 21.

Cette position va à l’encontre de celle du Grand Conseil et portée aujourd’hui par les partis de droite, le PLR, l’UDC, les Vert’libéraux et le PDC. La gauche, les syndicats et les signataires de la CCT Santé 21 défendent quant à eux le texte.

RTN organise un débat sur cette question mercredi entre 7h30 et 8 heures dans La Matinale. Un dossier spécial est aussi consacré à ces questions. /sbe


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