Genolier veut continuer son développement dans le canton

L’Hôpital de La Providence à Neuchâtel retrouve les chiffres noirs après avoir été repris il ...
Genolier veut continuer son développement dans le canton

Le groupe de cliniques privées tire un bilan positif, quatre ans après son implantation dans le canton de Neuchâtel. Mais il dénonce les quotas que lui impose le gouvernement

 Antoine Hubert, administrateur délégué de GSMN, dénonce les quotas imposés par le gouvernement neuchâtelois à La Providence et à Montbrillant.

L’Hôpital de La Providence à Neuchâtel retrouve les chiffres noirs après avoir été repris il y a 4 ans par le groupe de cliniques privées Genolier Swiss Medical Network (GSMN). Les comptes 2016 affichent un bénéfice de 840’000 francs, après plusieurs exercices déficitaires.

GSMN a aussi racheté, en 2015, la clinique Montbrillant à La Chaux-de-Fonds. Il souhaite continuer de se développer dans le canton et a prévu d’investir 40 millions de francs ces prochaines années. La majorité de cette somme servirait à remettre à neuf le bâtiment de Montbrillant, où une permanence médico-chirurgicale ouvrira ses portes le 16 octobre.

 

Une ombre plane

Mais ces projets sont contrariés par la politique menée par le gouvernement neuchâtelois, ont dénoncé mardi lors d’une conférence de presse les représentants de GSMN. Les mandats accordés à La Providence et à Montbrillant dans la liste hospitalière sont limités.

Le nombre de cas traités dans ces établissements est soumis à des quotas, notamment en orthopédie. Pourtant, l’Hôpital neuchâtelois n’a ni les ressources, ni les infrastructures pour prendre ces personnes en charge, soutient Genolier. Cela signifie, selon le groupe privé, que non seulement les patients n’ont pas le libre choix de leur médecin, mais qu’en plus ils doivent aller se faire soigner hors canton.

 

En attente d'une dérogation

GSMN a demandé une dérogation à ces quotas pour l’année 2016, afin de répondre aux besoins des Neuchâtelois. La demande avait alors été accordée par le Conseil d’Etat. En juillet, le groupe a fait une nouvelle requête pour 2017 et attend la réponse du gouvernement, qui devrait intervenir fin septembre.

En attendant, Genolier a décidé de continuer à traiter ces patients, malgré le risque que l’Etat ne participe pas aux coûts. Pour le groupe de cliniques privées, ces limites imposées à La Providence et à Montbrillant sont « des mesures discriminatoires » qui mettent en « péril » la sécurité sanitaire des Neuchâtelois. Si le gouvernement n’octroie pas de dérogation pour 2017, environ 600 patients vont rester sur le carreau, estime GSMN. « On ne veut pas que le Conseil d’Etat profite de son statut de législateur pour tuer un acteur sain et tenter de perfuser l’Hôpital neuchâtelois », a conclu Antoine Hubert, administrateur délégué de GSMN.

 

Limiter la hausse des primes

Le Conseil d’Etat rappelle que Genolier s’est vu confier des mandats alors qu’il ne respecte pas la convention collective de travail Santé 21. Le gouvernement justifie les quotas pour limiter la quantité de prestations et ainsi la hausse des primes d’assurance-maladie. « Il est de notre responsabilité de ne pas laisser s'envoler les volumes de prestations et les coûts », réagit le ministre de la santé, Laurent Kurth. « L'évolution des quantités de prestations est la première raison de l'augmentation des primes. Les limitations visent à ce que les acteurs n'aient pas l'impression qu'ils peuvent faire du chiffre indéfiniment avec les prestations de soin.»

Selon Laurent Kurth, plusieurs médecins orthopédistes sont passés de l'Hôpital neuchâtelois aux cliniques de GSMN, mais il précise que les quotas ne suivent pas le mouvement des spécialistes. La demande de dérogation du groupe privé est actuellement examinée, en fonction des besoins réelles de la population et des capacités globales des établissements neuchâtelois à répondre à la demande. « On n'a pas besoin d'avoir une pression constante de GSMN pour prendre des décisions qui vont dans le sens de l'intérêt général, et qui peuvent même être favorables à GSMN », soutient le ministre de la santé. /mvr


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