Des JO en Suisse en 2038, est-ce possible ? L'avis de cinq experts

Un café scientifique organisé mercredi par l’Université de Neuchâtel s’est penché sur les échecs ...
Des JO en Suisse en 2038, est-ce possible ? L'avis de cinq experts

Un café scientifique organisé mercredi par l’Université de Neuchâtel s’est penché sur les échecs des candidatures suisses aux Jeux olympiques et sur l’avenir

Et si Justine Herzog, ici lors du super-G des Jeux olympiques de la jeunesse, en Corée du Sud, avait droit un jour à des JO en Suisse ? Et si Justine Herzog, ici lors du super-G des Jeux olympiques de la jeunesse, en Corée du Sud, avait droit un jour à des JO en Suisse ?

« Coup de froid sur les Jeux olympiques d’hiver ». C’était le thème du café scientifique organisé mercredi dernier par l’Université de Neuchâtel. Le titre fait référence à toutes les défaites essuyées par les candidatures suisses, dont la dernière pour les JO de 2030, qui devraient être attribués à la France.

Le CIO place la Suisse en pole position pour l’édition de 2038. Le pays devra améliorer son dossier et surtout convaincre les Suisses que les Jeux en valent la peine.

« Il faut reconnaître que les Jeux coûtent. Mais il y a des recettes aussi. Le budget opérationnel des Jeux est équilibré. Je sais que ce message ne passe pas aujourd’hui, mais c’est vrai », déclare Jean-Loup Chappelet, professeur à l’Institut de hautes études en administration publique à Lausanne et l’un des acteurs de plusieurs candidatures suisses aux JO.

Jean-Loup Chappelet citant Adolph Ogi: « porte-monnaie zuerst! »

Les deuxièmes et derniers Jeux olympiques organisés en Suisse datent de 1948 à St-Moritz dans les Grisons. Depuis, la population de plusieurs cantons a refusé les Jeux. Même si le Valais bénéficierait de cette vitrine, le canton n’est pas prêt à se lancer seul. Les Valaisans ont été clairs en refusant la candidature de Sion 2026. Frédéric Favre, conseiller d’Etat valaisan, vice-président de Sion 2026, estime qu’un « projet de plusieurs cantons, fédérateur, peut être porté et montrer l’exemple au niveau mondial de ce qu’on peut faire quand on a l’existant (c’est-à-dire les infrastructures ) ».

Frédéric Favre: « Des JO pour la Suisse et les Suisses »

Justement, les infrastructures sportives existent en Suisse. Mais une candidature olympique est-elle un projet de société assez fort pour dissuader la population suisse de combattre les Jeux ? Peut-être, à condition que ce projet reste raisonnable. « On a eu beaucoup trop d’exemples scandaleux, alors ce serait absolument génial pour l’image de la Suisse de le faire, et de le faire correctement », formule Edward Mitchell, professeur de biologie à l’Université de Neuchâtel.

Edward Mitchell: « Pas de greenwashing! »

Les milieux sportifs sont-ils mûrs pour une prise de conscience environnementale ? La climatologue d’origine neuchâteloise Valentine Python, parlementaire vaudoise à Berne de 2019 à 2023, en doute. Elle constate cette « difficulté à admettre que certaines disciplines devront être abandonnées et remplacées par d’autres ».


Eviter le gigantisme

Si elle veut avoir une chance, une candidature suisse devra éviter le gigantisme et convaincre qu’un tel événement ne coûtera pas trop cher. Le Neuchâtelois Denis Oswald, membre de la commission exécutive du CIO, nous livre sa vision des Jeux en Suisse. Ils seront « décentralisés ». « On mettra à contribution différentes installations de qualité dans différentes parties du pays. On utilisera les transports publics pour rallier les différents lieux de compétition. Ces Jeux ne coûteront pas très cher, précisément parce que nous utiliserons des infrastructures existantes. » /vco


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