Pendant quatre jours, la fondation pose ses valises à l’Hôtel de l’Aigle, à Couvet. Une première résidence en Suisse romande qui a pour but de se faire connaître, discuter de futurs projets et pourquoi pas attirer de nouveaux donateurs.
L’Aide suisse à la montagne veut mieux se faire connaître en Suisse romande. Pour la première fois, son initiative « En route » pose ses valises au-delà de la barrière de rösti. C’est au Val-de-Travers que la fondation a décidé de s’établir ce mercredi. Jusqu’à samedi, cinq membres de l’institution résident à l’Hôtel de l’Aigle dans le village de Couvet. « Cette action a pour but de mieux nous faire connaître en dehors de la Suisse alémanique », explique Sylvie Kropf, administratrice de projet à l’Aide suisse à la montagne. Chaque année, cette fondation basée à Zurich verse environ 32 millions de francs à plus de 580 initiatives qui dynamisent les régions montagneuses et permettent d’éviter l’exode rural. Les projets, soutenus à travers toute la Suisse, couvrent de nombreux domaines comme l’agriculture, l’économie, mais aussi la santé ou l’énergie. N’importe qui peut donc faire appel à l’aide de la fondation. « Nous donnons le dernier coup de pouce pour aider les réalisations de la population », précise l’administratrice.
Sylvie Kropf : « Nous avons des experts bénévoles qui rendent visitent au porteur de projet. »
L’Aide suisse à la montagne n’intervient donc que si toutes les autres solutions de financement ont été épuisées. Chaque dossier est ensuite évalué par un expert, et finalement le conseil d’administration l’examine et donne son verdict. « Les montants distribués peuvent varier d’une centaine de francs à plusieurs centaines de milliers de francs », rappelle Sylvie Kropf. Ces investissements se font à « fonds perdu », c’est-à-dire qu’il ne nécessite aucun remboursement si toutes les conditions sont remplies.
Une communication active
Cette action de quatre jours de l’Aide suisse à la montagne dans la région de Val-de-Travers sert à la rendre visible pour la population. « On veut que les gens sachent qu’ils peuvent nous solliciter », ajoute l’administratrice de projet. Pour sa première résidence, la fondation a choisi le Val-de-Travers et ce n’est pas tout à fait par hasard. En effet, ces quinze dernières années environ 55 projets ont bénéficié d’une aide financière. « Nous avons soutenu l’épicerie de Buttes, la fromagerie des Monts à Travers, les Mines d’asphalte, mais aussi l’hôtel dans lequel on se trouve ici à Couvet », détaille Alexandra Rozkosny, rédactrice auprès de l’Aide suisse à la montagne.
Alexandra Rozkosny : « C’est une vallée isolée, mais qui maintient beaucoup d’échanges. »
Pendant leur résidence, l’équipe des cinq membres de la fondation organise plusieurs activités, rédige des articles et des reportages et met en place des soirées pour rencontrer de potentiels bénéficiaires, mais aussi de futurs donateurs. « Nous cherchons à renouveler notre base qui se fait vieillissante », décrit Sylvie Kropf, qui ajoute vouloir attirer plus de jeunes. Les soutiens financiers distribués au Val-de-Travers ces quinze dernières années vont de 900 francs à 350'000 francs. Parmi les requérants, Laure Von Wyss, propriétaire de l’Hôtel de l’Aigle et des Mines d’asphalte. Au total, ses entreprises ont bénéficié de dons à hauteur de plusieurs centaines de milliers de francs. Par exemple pour rénover les salles de bain de l’hôtel. « C’était un super coup de pouce pour nous », explique la tenancière.
Laure Von Wyss : « C’est une aide assez unique. »
Laure Von Wyss souhaite soumettre un nouveau projet à l’Aide suisse à la montagne pour rénover l’enveloppe intérieure du bâtiment de l’accueil et du restaurant des Mines d’asphalte. « Nous sommes en train de préparer un nouveau dossier effectivement ». La propriétaire veut profiter de la présence de la fondation à Couvet pour transmettre sa demande. « C’est clairement un plus de les avoir à disposition pour poser nos questions et avoir du soutien pendant cette phase préliminaire de dépôt de dossier », se réjouit Laure Von Wyss, qui espère un soutien de l’ordre des 100'000 francs pour son futur projet. /crb









