Quelle place pour l’IA au NIFFF ?

Alors que le Festival international du film fantastique de Neuchâtel a ouvert ses portes vendredi ...
Quelle place pour l’IA au NIFFF ?

Alors que le Festival international du film fantastique de Neuchâtel a ouvert ses portes vendredi, l’intelligence artificielle soulève diverses questions dans le monde du cinéma. Elles seront adressées dans une conférence thématique qui lancera des réflexions globales pour le festival.

Le Festival international de film fantastique de Neuchâtel est au cœur de la problématique de l’intelligence artificielle. La programmation aussi, notamment avec le long-métrage « Eva » de Kike Maíllo (Photo : NIFFF / Eva, 2011). Le Festival international de film fantastique de Neuchâtel est au cœur de la problématique de l’intelligence artificielle. La programmation aussi, notamment avec le long-métrage « Eva » de Kike Maíllo (Photo : NIFFF / Eva, 2011).

La révolution de l’intelligence artificielle (IA) n’épargne pas le monde du cinéma. Les outils génératifs s’imposent petit à petit dans la création artistique, mais de nombreuses questions restent en suspens. Le Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF), qui a donné son coup d’envoi vendredi 3 juillet, est au cœur de la problématique. Depuis 2016, le NIFFF accorde déjà une place aux défis actuels dans la production visuelle avec son label NIFFF Extended. Mais le changement de paradigme invoqué par l’arrivée de l’intelligence artificielle nécessite des réflexions plus globales, voire systémiques pour la manifestation.

La directrice artistique du NIFF, Kate Reidy, affirme que la nature fantastique du festival implique la diffusion de films qui utilisent, depuis longtemps, des « technologies très sophistiquées », notamment en matière d’effets spéciaux. Mais la manifestation est actuellement dans une phase d’« entre-deux » où des questions se posent « en termes de programmation des films et des outils de travail pour les élaborer ». Tout le monde est touché par la révolution, au-delà simplement du « résultat que l’on voit à l’écran ».

Kate Reidy : « C’est une question qui se pose de manière de plus en plus évidente. » 

Malgré la présence grandissante de l’IA dans le domaine, Kate Reidy explique qu’à l’heure actuelle il n’a pas été décrété de « dédier une plage spécifique aux films estampillés IA ». Elle note notamment le fait qu’il est difficile de « mesurer la part d’IA dans une œuvre », même si des solutions émergent gentiment. Elle présente l’outil Dalia du Bureau culturel de Genève qui permet d’indiquer le degré d’implication de la machine. Pour la directrice artistique du festival, il manque aussi une « réflexion sérieuse là autour ». C’est pourquoi une conférence thématique est organisée cette année.

« On a ouvert cette porte avec une table ronde. » 

Placée sous le prisme de l’identité de l’auteur, la conférence se nomme « Quand l’IA crée, qui est l’artiste ? ». La question sera adressée lundi matin à 10h30 par divers spécialistes de la branche au Théâtre du passage. Parmi eux, la journaliste et essayiste française Nastasia Hadjadji apportera son expertise sur l’économie politique du numérique et sa critique des technologies. Elle sera accompagnée, entre autres, de Denis Lalanne, directeur de l’institut Human-IST de l’Université de Fribourg, et de Joseph Paradiso, professeur au laboratoire de recherche américain MIT Media Lab. La conférence est gratuite, sous réservation. La seconde partie de l’événement invitera le public à participer à la discussion.

Pousser la réflexion au-delà

Au-delà de la conférence qui servira d’amorce à des questionnements pour le futur du festival, divers films programmés présentent ou questionnent directement l’intelligence artificielle et ses usages. C’est notamment le cas du film « Eva » (2011) de Kike Maíllo qui traite la distinction entre un humain et un robot, ou encore de « Appofeniacs » (2025) de Chris Marrs Piliero qui est consacré aux deepfakes. 

Une chose est sûre, les discussions autour de cette nouvelle technologie ne font que commencer. Le festival continuera quant à lui de mélanger les différentes disciplines pour répondre aux enjeux contemporains, tout en gardant les émotions humaines. /ewa


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