Près de 130 films de 33 pays différents seront présentés lors de la 25e édition du Festival international du film fantastique de Neuchâtel, du 3 au 11 juillet. Une programmation aux regards plus que jamais liés à l’actualité.
Le NIFFF (Festival international du film fantastique de Neuchâtel) va proposer 129 œuvres venant de 33 pays du 3 au 11 juillet. La programmation a été présentée jeudi. La directrice artistique, Kate Reidy a commencé sa présentation en rappelant qu’à l’heure actuelle « le réel n’a jamais autant ressemblé à un film de genre ». Ce genre est devenu le lieu pour examiner des réalités sociétales, politiques et écologiques. « Comme c’est du genre, ça offre une grande liberté aux cinéastes. On n’a pas le même rapport qu’avec un film documentaire ou un film d’auteur où l’on n’oserait peut-être pas dire les choses de manière aussi frontale », ajoute la directrice artistique.
En ouverture de cette 25e édition le film en compétition internationale « Nightborn » de la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm, en présence de son interprète principale, Seidi Haarla. La compétition internationale « reflète l’une des grandes tendances : le retour en force du folk horror et des récits où croyances, traditions et dynamiques communautaires deviennent les vecteurs de la peur », indique encore Kate Reidy. « En vingt-cinq éditions, le fantastique est passé du statut de cinéma de niche à celui de l’un des espaces les plus inventifs de la création contemporaine », peut-on lire dans le communiqué. Et le NIFFF accompagne et encourage cette évolution depuis 25 ans, estime la directrice artistique.
Kate Reidy : « C'est certain qu'on y a contribué et que l'on veut continuer à le faire. »
La sélection officielle réunit onze premières mondiales ou internationales, quatre premières européennes et 50 premières suisses, dont 14 longs-métrages en compétition internationale. Parmi ceux-ci, l’Italien Paolo Strippoli propose « La valle dei sorrisi », où la quête obsessionnelle du bonheur se transforme en instrument de contrôle social. Dans « Blood on snow », le Japonais Eisuke Naitō puise dans le folklore nippon pour faire surgir l’horreur au cœur d’un paysage hivernal immaculé. Le Basque Paul Urkijo Alijo explore dans « Gaua » le poids des superstitions et des rumeurs au sein d’une communauté rurale.
Le fil rouge de la programmation s’intitule « les monstres ont changé de visage ». Ce dernier marque l’évolution du film de genre et ses monstres ces 25 dernières années. « Je pense qu’il y a eu toute une époque où les monstres étaient vraiment considérés comme tels du point de vue de leur psychologie individuelle. Aujourd’hui, ils incarnent des problématiques », détaille Kate Reidy.
« Ce n'est plus vraiment le monstre qui est le seul vecteur. »
Happy Birthday !
À l’occasion de son 25e anniversaire, une catégorie spéciale a été concoctée par les programmateurs. Elle prend la forme d’une rétrospective de 15 films contenant une scène d’anniversaire. « C’est un grand bonheur en tant que programmatrice de faire un format de rétrospective, car on peut aller piocher dans tout ce qui existe », se réjouit la directrice artistique.
« On revisite ce rituel de l'anniversaire. »
Trois invités d’honneur incarnent cette édition anniversaire : le cinéaste français Bertrand Mandico, figure incontournable d’un fantastique libre et flamboyant, l'Indien S. S. Rajamouli, à l’origine du phénomène mondial RRR et l’autrice britannique Samantha Shannon, l’une des voix majeures de la fantasy contemporaine.
Les coups de cœur de Kate Reidy :
Un open air, avec un écran géant de 18 mètres sur la place des Halles, permettra de revoir gratuitement des classiques comme « Mulholland drive » de David Lynch ou « Shrek ». La clôture du festival sera assurée le samedi 11 juillet par « Colony » du réalisateur coréen Yeon Sang-ho. L'an dernier, le NIFFF avait accueilli environ 66'000 festivaliers. /ats-crb









