Le Clos-de-Serrières a officiellement changé de nom ce samedi. Une cérémonie s’est tenue en présence des autorités et de la famille de Monique Laederach, auteure neuchâteloise qui a grandi à Serrières.
Le Clos-de-Serrières a été rebaptisé ce samedi. La place Monique Laederach a fait son apparition sur les cartes, en hommage à l’écrivaine, traductrice et poétesse suisse qui a passé son enfance à Serrières. Cette dernière est décédée en 2004, mais une partie de sa famille a fait le déplacement à Neuchâtel pour l’occasion, dont son frère Jean-Marc en provenance de France. Ce dernier pense que sa sœur « aurait râlé, elle n’aurait pas été contente et aurait trouvé ça idiot, ridicule, baroque et qu’elle ne le méritait pas, mais elle aurait été vraisemblablement émue » d'avoir une place à son nom. Dans son discours pendant la cérémonie officielle, Jean-Marc Laederach a rappelé que Monique serait passée au moins 9'200 fois sur la place qui porte aujourd’hui son nom. Arrivée à Serrières depuis les Brenets en 1945, l’écrivaine aurait traversé la place pendant toute sa scolarité, ainsi que pour se rendre à Neuchâtel en trolleybus pour ses études supérieures.
Jean-Marc Laederach : « C’est ici qu’on a grandi et qu’on a fait plein de choses. Serrières c’était vraiment un village. »
Un enregistrement d'un poème lu par Monique Laederach a d’ailleurs été diffusé pendant l’inauguration officielle, ce qui a particulièrement ému son frère qui devait s’exprimer juste après.
Davantage de noms féminins dans l'espace public
Le choix de renommer le Clos-de-Serrière en place Monique Laederach s’est assez vite imposé pour les autorités, selon Julie Courcier Delafontaine. La conseillère communale en charge de la cohésion sociale a rappelé qu’il s’agissait aussi d’une stratégie politique, de donner plus de visibilité aux noms féminins dans la Commune. « Actuellement à Neuchâtel, 90% des noms des rues portent un nom d’homme contre 10% de femmes. » Julie Courcier Delafontaine a également relevé le travail de Monique Laederach, et particulièrement sa poésie, « qui est le plus représentatif de ce qu’elle est, de cette liberté mais également de cette douceur et conscience du monde. »
Julie Courcier Delafontaine : « Monique Laederach a été ma professeure d’allemand. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs d’allemand mais j’ai beaucoup de souvenirs de débats. »
Après l’espace Tilo Frey en 2019 et la place Agota Kristof en 2023, voilà donc un troisième lieu public au nom d’une femme à Neuchâtel pour Monique Laederach. Un trio qui sera complété à la fin du mois par la Promenade Marthe Robert.
À Serrières, la galerie Griffon propose d’ailleurs un programme concernant Monique Laederach jusqu’au 13 juin. /swe











