Dans un peu plus d’un mois, le NIFFF fêtera son quart de siècle. La 25e édition du Festival international du film fantastique de Neuchâtel se tient du 3 au 11 juillet. La Rétrospective aura justement pour fil rouge « l’anniversaire ». « C’est un thème qui est toujours une source dramaturgique, un point de départ, un point de bascule dans le cinéma plutôt passionnant, qui permet de cristalliser toutes sortes de tensions ou qui permet de s’amuser autour de l’idée d’une fête qui ne part pas dans la direction attendue », explique Kate Reidy, la directrice artistique du NIFFF.
L’Open air fera quant à lui son retour sur la place des Halles avec six projections, dont « RRR » du réalisateur indien S. S. Rajamouli. Il n’y aura toutefois pas que du cinéma fantastique : le Mondial de football s’invite aussi sur l’écran en plein air. Kate Reidy précise que cinq matches seront diffusés durant le festival « dans un esprit de bonne concorde avec l’ensemble des établissements publics et des autorités. »
Kate Reidy: « Il s’agissait de trouver une formule qui convienne à toutes et tous. »
Que les festivaliers du NIFFF se rassurent : il n’y aura pas moins de films au programme en raison du Mondial de football, mais un peu moins à l’Open air tout de même. « On a une salle en plus, ce qui permet dans l’absolu d’avoir le même nombre de films qu’en 2025 », précise la directrice artistique.
La Petite Rochette toujours au cœur de NIFFF Invasion
Les organisateurs ont également dévoilé fin mai les contours du programme NIFFF Invasion. Le CCHAR, le Centre de création helvétique des arts de la rue, proposera des spectacles gratuits à la rue du Coq d’Inde. Quatre installations d’artistes de la région prendront également place à la villa de la Petite Rochette. « Ils se sont vraiment inspirés des lieux […] pour adapter leurs œuvres à cet environnement », précise Kate Reidy. Parmi eux figure le Vallonnier Jonathan Delachaux, du collectif Tchan-Zâca, qui présentera certaines œuvres des personnages imaginaires qui habitent une ville tout aussi imaginaire qu’est Tchan-Zâca.
« C’est vraiment un type de travail qui permet une circulation où on vient du concret, on part dans l’abstrait et on revient dans le concret, avec une très jolie narration. »
Pour cette édition, le NIFFF a aussi noué un partenariat avec le Laténium. Le musée d’archéologie, basé à Hauterive, fête lui aussi ses 25 ans cette année et, dans le cadre de cette collaboration, trois films qui mêlent fantastique et archéologie seront présentés au public.
« Une réorganisation qui se veut plus horizontale »
Kate Reidy a repris au vol la direction artistique de cette édition 2026 en duo avec Hugues Voumard, nommé directeur administratif et opérationnel, après que le festival a mis fin à sa collaboration avec son prédécesseur Pierre-Yves Walder en novembre 2025. Le climat de travail était alors jugé détérioré avec passablement de départs et de burn-out. Il a fallu commencer par réengager du personnel « parce qu’il y avait pas mal de gens qui étaient partis », explique Kate Reidy, qui parle également d’une « réorganisation qui se veut plus horizontale ». À ses yeux, il s’agit de laisser plus de place aux initiatives personnelles.
« Un festival, c’est un travail collectif. »
Lorsqu’elle évoque l’avenir du NIFFF, Kate Reidy aspire à un questionnement sur les conditions de travail dans lesquelles les professionnels de la culture et de l’événementiel évoluent et qui sont souvent marquées par un manque de moyens financiers qui mettent à mal la stabilité de telles manifestations. En attendant, « on a cherché à ce que cette édition soit une édition anniversaire pleinement réussie », dit-elle. /sbm










