Trois médecins psychiatres de retour devant la justice

Des anciens praticiens au Centre neuchâtelois de psychiatrie font face à la Cour pénale du ...
Trois médecins psychiatres de retour devant la justice

Des anciens praticiens au Centre neuchâtelois de psychiatrie font face à la Cour pénale du Tribunal cantonal dans l’affaire des agressions, notamment à la hache, perpétrées par l’un de leurs patients en 2018.

La Cour pénale, où se tient l'audience, siège au Château de Neuchâtel. (Photo : archives) La Cour pénale, où se tient l'audience, siège au Château de Neuchâtel. (Photo : archives)

L’affaire des agressions à la hache à Valangin à nouveau devant la justice. Les trois prévenus, des psychiatres travaillant au moment des faits au Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) font face ce mercredi au Tribunal cantonal. Ils étaient en charge d’un homme perturbé qui avait profité d’une visite de sa famille pour s’enfuir de Préfargier le 23 avril 2018. Il avait alors agressé quatre personnes, une à Marin et les trois autres à Valangin, avant de se faire arrêter par la Police neuchâteloise. En première instance, deux praticiens avaient été acquittés, alors que l'ancien médecin-chef a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis. Ce dernier a fait appel, tout comme quatre des cinq plaignants. Les auditions ont eu lieu ce mercredi devant les juges de la Cour pénale.


Des victimes encore sous le choc

En début d’audience, une des victimes a tenu à s’exprimer à des fins thérapeutiques. Elle s’est dite choquée et effarée d’apprendre l’appel du médecin condamné en première instance. Une information qui a eu de lourdes conséquences sur sa santé psychique, physique et financière, a-t-elle déclaré. « C’est un combat quotidien pour essayer de reconstruire ma vie », a déclaré la victime, précisant qu’elle avait dû suivre un internement de jour quand elle a appris qu’il y aurait une nouvelle audience. Relevant que cela fait huit ans que les faits sont déroulés, un temps extrêmement long pour elle, la victime précise qu’elle a voulu faire appel parce que « s’il est acquitté, nous perdons nos droits. »


« Un hôpital psychiatrique n’est pas une prison »

L’audition des prévenus a principalement consisté à répondre aux questions des juges au sujet des procédures en place au CNP au moment des faits, notamment de communication et d’évaluation des risques d’hétéro-agressions. Tous ont précisé qu’il n’y avait aucun indicateur qui laissait présager un passage à l’acte. Les prévenus ont également rappelé que l’hôpital est un lieu ouvert. « Quand on doit avoir recours à une mesure de contrainte, elle doit être dument motivée, car c’est une entorse grave à la liberté de la personne hospitalisée », a clamé l’un des prévenus. Avant de préciser que les patients ne sont pas des délinquants, mais des personnes en souffrance et que c’est justement le rôle des psychiatres de les soulager. Les praticiens ont également précisé que les fugues sont courantes dans les hôpitaux psychiatriques et que c’est rare qu’elles mènent à des agressions d’une telle violence sur autrui. Le médecin condamné a rappelé que le principal risque pour les patients est une auto-agression et non une hétéro-agression, dans un ratio de 90% et 10%.

L’audience se poursuit jeudi avec les plaidoiries. /lgn


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