Verdict en décembre, six ans après les agressions à la hache

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Verdict en décembre, six ans après les agressions à la hache

Trois médecins qui travaillaient au Centre neuchâtelois de psychiatrie ont-ils fait preuve à l'époque de négligence en laissant « sortir » un futur agresseur ? Réponse en principe le mois prochain.

Issue dramatique impossible à prévoir ou graves négligences médicales ? La justice rendra son verdict le 13 décembre (Photo : illustration). Issue dramatique impossible à prévoir ou graves négligences médicales ? La justice rendra son verdict le 13 décembre (Photo : illustration).

Le 13 décembre prochain en principe, les victimes de l’agresseur à la hache sauront enfin si aux yeux de la justice, le cauchemar qu’elles ont vécu aurait pu être ou non évité. Le Tribunal de police de Neuchâtel livrera son verdict plus de six ans et demi après les faits. Les 23 et 24 avril 2018, un homme avait agressé quatre personnes à Marin puis Valangin après avoir fugué de Préfargier. La vie des victimes ne sera plus jamais la même. L’agresseur, lui, s’est suicidé en prison deux ans plus tard.

Le drame est-il dû à de graves négligences de trois médecins – aujourd’hui prévenus – qui travaillaient alors au Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) ? Aurait-il fallu surveiller plus étroitement le patient, qui a profité de la visite de sa famille pour fausser compagnie au corps médical et s’en prendre sauvagement à des inconnus ? Ou la violence de cet ingénieur et futur papa – sans antécédents mais diagnostiqué schizophrène plus tard – était-elle impossible à prévoir ? Après avoir entendu les victimes et les prévenus en juin, la juge a enregistré ce jeudi les plaidoiries de leurs avocats.


« Bombe à retardement »

L’expert psychiatre avance que les soignants auraient dû être plus prudents et attendre avant de laisser sortir l’homme de l’unité fermée dans laquelle il avait été placé de manière non volontaire la veille de sa fugue. Les avocats des plaignants, eux, estiment que les informations transmises tant par le Centre d’urgences psychiatriques que par les proches faisaient état d’une « bombe à retardement » que les médecins n’ont pas voulu voir.

La défense, elle, a mis en doute à la fois la neutralité de l’expert – parce qu’il s’était brièvement occupé du cas de l’agresseur en prison – et la pertinence de son expertise. Selon leurs avocats, les prévenus ont agi selon les normes et la philosophie médicales en vigueur – un hôpital psychiatrique n’étant pas une prison.


La fugue a-t-elle été signalée assez vite ?

Exemple de la différence d’appréciation des faits dans cette affaire : quelques jours avant le drame, l’homme avait serré d’une main la tête de sa femme alors qu’elle dormait. Là où l’expert psychiatre voit un « acte de violence faible » et un changement de comportement inquiétant, la défense parle, elle, d’un geste « déplacé », mais qui ne laissait pas présager du futur déchaînement de violence.

Le tribunal devra aussi se demander si le CNP n’aurait pas dû signaler plus vite la fugue à la police – l’appel a été passé « 1h37 après » – ce qui selon les mandataires des plaignants aurait pu favoriser une arrestation rapide à Marin et empêcher au moins les agressions commises à Valangin. 

Absent lors de l'audience, le Ministère public avait requis des peines allant de 45 jours-amende à 25 jours-amende. /vco 


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