Les apprentis neuchâtelois se sentent bien, selon une étude

Huit apprentis neuchâtelois sur dix se sentent bien à très bien dans leur entreprise, selon ...
Les apprentis neuchâtelois se sentent bien, selon une étude

Huit apprentis neuchâtelois sur dix se sentent bien à très bien dans leur entreprise, selon une étude de la HEG Arc. Les organisations économiques comptent utiliser ces résultats pour contrer une initiative du POP.

D'après l'étude, une large majorité des sondés recommandent la filière de l'apprentissage. (Image d'illustration, SP) D'après l'étude, une large majorité des sondés recommandent la filière de l'apprentissage. (Image d'illustration, SP)

Les apprentis neuchâtelois se sentent bien et sont satisfaits de leurs conditions de travail. Tels sont les enseignements d’une enquête de la HEG Arc présentée jeudi, à laquelle 662 apprentis et 478 entreprises formatrices ont répondu. Elle a été mandatée par une coalition d’associations économiques, en réaction à l'initiative de la gauche demandant « Plus de protection pour les apprentis ».

« Nous avons commandé cette première enquête sur les apprentis dans le canton, pour répondre à des enjeux politiques et économiques importants. Nous avions un besoin de rester justes avec la vérité, par rapport à certaines caricatures qui dégradent l'image du métier », a déclaré Jean-Claude Baudoin, secrétaire général de la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs.

Fin janvier, le Conseil d’État a décidé de retirer son rapport portant sur l’initiative du POP, déposée en 2023. Le Grand Conseil devra donc rediscuter du texte, avant l’organisation d’une votation populaire.

Jean-Claude Baudoin : « Cette enquête va forcément influencer les débats. Beaucoup de critiques et de préjugés tombent. »

Sur la base de ces résultats, les acteurs économiques défendent que le texte du POP ne répond pas « aux difficultés que peuvent avoir les apprentis », selon Séverine Favre, secrétaire générale de l'apiah (association patronale des industries de l'Arc horloger). « L'initiative est inutile, coûteuse, contre-productive et ne reflète pas la réalité du terrain », a-t-elle ajouté.


« Signal inquiétant » pour le POP

Contacté, le POP rétorque que certains secteurs particulièrement sujets aux abus comme la restauration, les coiffeurs ou la construction sont sous-représentés parmi les réponses recueillies. Il estime également que le taux de 40% d’apprentis déclarant avoir rencontré des difficultés est un signal inquiétant, « d’autant qu’il s’agit de jeunes en début de formation », commente Céline Dupraz, présidente du POP neuchâtelois.

Ces difficultés concernent surtout problèmes avec un formateur, une charge de travail excessive ou de mauvaises relations entre collègues, selon l’étude.


Une filière à valoriser

L’enquête révèle également que deux tiers des apprentis ont été découragés de s’engager dans cette voie, principalement par leurs parents, mais également un conseiller en orientation ou leurs enseignants. « Nous avons du travail de communication à effectuer », réagit Yann Huguelit, membre du comité du salon des métiers Capa’cités.

« Nous ne nous attendions pas à ce que les professionnels de l’orientation soient cités par les apprentis. J’imagine que nous aurons des discussions pour redorer le blason de l’apprentissage », estime-t-il.

« Je ne suis pas si sûr que les conseillers découragent », nuance Jérôme Heim, adjoint scientifique à la HEG Arc et coauteur de l’étude. « Ils invitent plutôt les jeunes à se poser de bonnes questions quant à leur orientation », ce qui peut être interprété comme du découragement, explique-t-il. Et de préciser que des entretiens seraient nécessaires afin de saisir plus précisément la vision des apprentis. /jti-ATS


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