La modification de la loi sur le matériel de guerre, soumise au vote le 29 novembre en Suisse, serait bénéfique pour l’économie neuchâteloise. C’est l’avis des partisans de la révision, qui ont présenté leurs arguments ce vendredi. Les opposants démentent et dénoncent une mauvaise solution.
La modification de la loi sur le matériel de guerre résonne dans le canton de Neuchâtel. Ce vendredi, les partisans de cette révision, objet de votation fédéral du 29 novembre, ont présenté leurs arguments. Actuellement, la législation permet des exportations, mais elles sont soumises à autorisation, avec des critères qui ont été durcis en 2021. Le projet, défendu par le Conseil fédéral et le Parlement, souhaite permettre des exportations facilitées vers 36 états partenaires, principalement en Europe, tout en gardant un encadrement strict et une gestion par le gouvernement au cas par cas quand il s’agit de réexportation. Un sujet plus économique que politique et militaire selon les partisans, mais qui pose des problèmes éthiques, estiment les opposants.
Un exemple neuchâtelois
Neuchâtel est l’un des cantons les plus industriels du pays. L’horlogerie, la microtechnique, la machine-outil, mais aussi la défense sont des secteurs très présents. Ainsi, parmi les personnalités politiques, du Centre, de l’UDC et du PLR, présentes ce vendredi à la conférence de presse en faveur de la modification de la loi, on retrouvait également la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie et Thierry Tschudi, le directeur d’une entreprise de Boudry, Systems Assembling. S’il ne leur était pas possible d’avancer des chiffres précis, les partisans de cette révision de loi ont indiqué que 21 firmes neuchâteloises sont actives ou ont pour projet de l’être dans le domaine de la défense. Pour Systems Assembling, cela représente 70% de son chiffre d’affaires.
Thierry Tschudi : « Dans la situation d’aujourd’hui, on a déjà dû délocaliser pas mal de places de travail au Portugal. »
Une modification qui se voudrait vitale pour le tissu économique neuchâtelois et certaines entreprises. Mais un argument qui ne convainc pas Clarence Chollet. La conseillère nationale verte et membre du comité référendaire national et cantonal rappelle que les entreprises se sont créées alors que la loi actuelle était déjà en vigueur.
Clarence Chollet : « On ne peut pas dire que c’est une industrie qui va mal actuellement. »
Comme le dénonçait Thierry Tschudi, le monde économique déplore des délocalisations de productions et une forme de boycott de fournisseurs suisses de la part de certaines entreprises étrangères. Le directeur de Systems Assembling en a lui-même été victime, en Allemagne et en France.
Thierry Tschudi : « Ils nous ont dit que pour l’instant, c’est China free et Swiss free. »
Éviter le « Swiss free », le boycott des fournisseurs suisses ? Ce n’est pas avec cette modification de la loi que l’on va y parvenir, estime Clarence Chollet. Une législation qui avait déjà été modifiée en 2021, soit juste avant le début de la guerre en Ukraine. Les personnes en faveur du texte estiment que la loi n’est donc plus adaptée au contexte actuel. La conseillère nationale neuchâteloise ne conteste pas cet argument, mais ne voit pas en cette révision la bonne solution, puisque l’Ukraine est exclue des possibilités de réexportation.
Clarence Chollet : « Ce n’est pas cette révision-là qui va aider l’industrie neuchâteloise. »
La population suisse aura le dernier mot quant à savoir s’il faut assouplir les règles d’exportation et de réexportation de matériel de guerre ou non.
Cette modification de loi est soumise au vote le 29 novembre, de même que l’arrêté fédéral sur le financement additionnel de l’AVS par le relèvement de la TVA, et deux initiatives populaires : celle pour une limitation des feux d’artifice et celle pour des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés. /lgn








