La paresse sous la loupe du Muséum d’histoire naturelle

À travers des observations naturalistes et sociologiques, la nouvelle exposition de l’établissement ...
La paresse sous la loupe du Muséum d’histoire naturelle

À travers des observations naturalistes et sociologiques, la nouvelle exposition de l’établissement culturel de Neuchâtel s’intéresse aux paresseux. Une espèce dont le nom commun pose de nombreuses questions.

Le paresseux, le point de départ de la nouvelle exposition du Muséum d'histoire naturelle de la ville de Neuchâtel. Le paresseux, le point de départ de la nouvelle exposition du Muséum d'histoire naturelle de la ville de Neuchâtel.

Sortir de son quotidien surchargé pour pratiquer la paresse. Le Muséum d’histoire naturelle de la Ville de Neuchâtel inaugure sa nouvelle exposition samedi 7 novembre. Intitulée « Paresseux ? L’expo que vous aurez la flemme d’aller voir », elle s’intéresse à un phénomène dont nous sommes toutes et tous victimes (ou pas) : la paresse. Cette rétrospective a pour point de départ nos amis les paresseux. Un animal, passant ses journées à dormir, se déplaçant souvent au ralenti et dont le nom pose quelques questionnements : est-il réellement flemmard ? Pas si sûr, apprend-on au fil de l’exposition, qui questionne cette notion à travers le prisme naturaliste bien sûr, mais aussi sociologique. « Dans le monde animal, la notion de flemme, n’est pas pertinente », explique Thierry Malvesy, conservateur en sciences de la Terre du Muséum. « On doit se poser la question de pourquoi ces animaux sont lents, ou pourquoi dorment-ils beaucoup ? Souvent, c’est une affaire de survie », ajoute-t-il. Chez l’être humain le constat est différent, car viennent s’ajouter à la notion de paresse des spectres éthiques, moraux ou encore religieux, détaille Séverine André, cheffe du projet d’exposition. Ainsi, depuis très longtemps en occident la paresse est associée à une perception négative. « Certaines populations comme les adolescents, les retraités ou encore les femmes sont victimes de stéréotypes associés à la flemme », rajoute la cheffe de projet.


Une exposition totale

L’exposition questionne toutes les formes que peut prendre la paresse dans les sociétés humaines à travers plusieurs ambiances. De la salle de sport, zone de paradoxe ultime de l'activité, en passant par la plage, lieu commun du far niente. Tout au long du parcours, le public est invité à prendre le temps et à se couper de son quotidien surchargé. « Canapés, fauteuils et même lit envahissent, comme la flemme, le Muséum dans son ensemble », explique le directeur de l’établissement Ludovic Maggioni. C’est ce qu’on appelle une œuvre totale.

Ludovic Maggioni : « Le concept peut s’appliquer à tout le musée. »

Si le public à la flemme de lire les panneaux explicatifs, une voix générée par intelligence artificielle le fera à sa place. Au milieu de l’exposition une salle s’intéresse aussi directement à l’utilisation de l’IA et à la délégation du travail de l’homme ou de son esprit aux machines. « C’était très important pour nous d’aborder cette technologie », ajoute le directeur. Finalement, le muséum propose de faire voir aux visiteurs ce qu’il se passe dans nos cerveaux quand nous ne faisons rien. Cet aspect tout droit sorti des neurosciences est mis en scène à la fin de l’exposition par un film immersif. Ainsi apprend-on que de nombreuses zones de nos cerveaux s’activent quand notre corps se met sur pause. C’est souvent dans ces moments-là que nos problèmes internes sont résolus ! /crb


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