Être un homme aujourd’hui, une question de société

Une conférence sur le masculinisme a eu lieu en début de semaine à Berne pour les spécialistes ...
Être un homme aujourd’hui, une question de société

Une conférence sur le masculinisme a eu lieu en début de semaine à Berne pour les spécialistes du domaine. À Chaumont, un groupe de parole pour homme existe depuis une dizaine d’années. Discussion avec son fondateur.

La conférence sur le masculinisme qui a eu lieu en début de semaine a réuni des acteurs du secteur. (Photo d'illustration) La conférence sur le masculinisme qui a eu lieu en début de semaine a réuni des acteurs du secteur. (Photo d'illustration)

En Suisse, un jeune homme sur deux s’inquiète que les « vrais hommes » soient de plus en plus marginalisés dans la société. Ce résultat découle d’une étude publiée en juin par l’Université de Zürich, en collaboration avec le Centre de compétences Hommes et masculinités männer.ch. Cette recherche souligne également que 20% des hommes et 7% des femmes interrogés sont considérés comme présentant un risque d’adopter des comportements problématiques ou violents. Selon les chercheurs, les conceptions restrictives et dominantes de la masculinité sont donc largement répandues. Mais la question de l’expression de soi et de sa masculinité en tant qu’homme est bien plus large.

Vincent Delfosse anime des groupes de parole pour homme depuis une dizaine d’années à Chaumont. Pour lui, si certains aspects, comme le masculinisme, peuvent parfois faire peur, l’homme et son rôle dans la société évoluent vers le mieux. Pour lui, il est « nécessaire de construire un monde où la place des hommes existe, et où elle ne remet pas en question celle des femmes ». Il rappelle également que la problématique du masculinisme n’est pas une question d’avis, de point de vue ou de sensibilité, mais qu’elle est réellement dangereuse. « Certains acteurs de la manosphère prévoient des attentats contre les femmes et il y en a déjà qui ont été tuées juste parce qu’elles étaient femmes », souligne-t-il. Il ajoute que la conférence qui s’est déroulée à Berne est importante : « c’est précieux de nommer et de prévenir ce qu’il se passe ».

Vincent Delfosse : « C’est important que ces questions viennent sur le devant de la scène. »

Vincent Delfosse anime un groupe de parole depuis une dizaine d'années à Chaumont. Vincent Delfosse anime un groupe de parole depuis une dizaine d'années à Chaumont.

Le groupe de parole organisé par Vincent Delfosse voit plusieurs générations d’homme passer sa porte, des jeunes trentenaires aux personnes de 70 ans. Au fil des années et des sujets de discussion, l’animateur a remarqué quelques évolutions. «Globalement dans le parcours scolaire et l’éducation, les questions de genre sont beaucoup plus courantes et donc elles reviennent davantage sur la table », explique-t-il.

« C’est pas un groupe où on parle des hommes, ce sont les hommes qui parlent. »

Le groupe de parole organisé par Vincent Delfosse se réunit les mercredis. Les informations peuvent être retrouvées sur son site internet. Certains hommes peinent à passer le pas de rejoindre un groupe de parole. « Il y a des clichés autour du fait que ce seraient des hommes faibles qui se retrouvent », détaille l’animateur du groupe. Il ajoute, « ce que je vois, c’est que ce sont des hommes qui ont le courage de venir se dévoiler ».

« Les gens qui participent ne se contentent pas de poursuivre le rôle dans lequel leur parcours les a enfermés. »

Vincent Delfosse conclut en soulignant que les cercles de parole, organisés annuellement, permettent aussi de lier des amitiés et de se retrouver dans un espace de discussion ouvert et sans jugement. /ecr


 

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