La caisse de chômage a besoin d’une gouvernance plus forte

Le Conseil d’État neuchâtelois a présenté jeudi matin les conclusions du mandat d’analyse lancé ...
La caisse de chômage a besoin d’une gouvernance plus forte

Le Conseil d’État neuchâtelois a présenté jeudi matin les conclusions du mandat d’analyse lancé après des dysfonctionnements soulevés par plusieurs collaborateurs.

La Caisse cantonale neuchâteloise d'assurance chômage a son siège principal à La Chaux-de-Fonds. (Photo d'archives)  La Caisse cantonale neuchâteloise d'assurance chômage a son siège principal à La Chaux-de-Fonds. (Photo d'archives) 

La Caisse cantonale neuchâteloise d’assurance chômage (CCNAC) a besoin d’un cap plus clair. C’est l’une des conclusions du mandat d’analyse lancé l’été dernier par le Conseil d’État neuchâtelois. Le gouvernement a présenté le résultat de cette étude ce jeudi matin aux collaborateurs de la caisse. Cette démarche avait été lancée durant l’été 2025 à la suite de dysfonctionnements soulevés par plusieurs collaborateurs. Des témoignages faisaient état d’un climat de travail extrêmement délétère. Le mandat d’analyse évoque de son côté « un degré de satisfaction moyen en lien avec le climat de travail », selon la conseillère d’État Florence Nater, cheffe du Département de l’économie et de la cohésion sociale, auquel est rattachée la CCNAC.

Vingt-trois entretiens en face-à-face ont été menés dans le cadre de cette analyse. Un sondage a aussi été lancé, auquel 75% des quelque 40 collaborateurs ont participé.

Cette démarche permet, selon Florence Nater, « d’avoir une photographie de la situation, des forces et des faiblesses, mais le travail ne fait que commencer », dit-elle.

Ce mandat d’analyse montre que l’institution a besoin « d’une nouvelle vision stratégique commune, partagée et portée par toute la gouvernance de la caisse », indique la conseillère d’État. Elle évoque des informations souvent transmises de manière orale et un manque de processus clairs qui suscitent des doutes sur les façons de faire chez les collaborateurs.

Florence Nater : « Redonner à la gouvernance sa force et sa capacité d’agir collectivement. »

La direction de la CCNAC appelée à porter le changement

Pour la conseillère d’État, ce changement doit en grande partie être porté par le trio qui compose la direction. Son rôle sera aussi de définir les processus et de les documenter « pour pouvoir encore améliorer l’accueil et la formation des personnes qui arrivent », ajoute-t-elle. Entre le début de l’année 2024 et l’été 2025, la CCNAC avait enregistré 13 départs, qu’il avait fallu combler avec de nouvelles recrues.

« La première étape c’est que ce comité de direction puisse se remettre autour de la table pour définir la vision stratégique pour la caisse. »

La conseillère d'Etat Florence Nater. La conseillère d'Etat Florence Nater.

Les témoignages de collaborateurs récoltés à l’été 2025 pointaient du doigt les agissements d’une personne en particulier, accusée d’avoir créé deux clans parmi les collaborateurs. Selon Florence Nater, le mandat d’analyse a montré que « les responsabilités sont partagées et ne sont pas imputables à une seule personne ». La conseillère d’État évoque plutôt une différence de visions managériales entre anciens et nouveaux venus.

« Les responsabilités sont partagées et ne sont pas imputables à une seule personne. »

Une mesure a d’ores et déjà été mise en place. Une personne de confiance externe a été désignée, vers laquelle les collaborateurs peuvent se tourner. Pour Florence Nater, il s’agira peut-être aussi de repenser l’organigramme. Actuellement, le sous-directeur est également responsable des ressources humaines. « Ce n’est peut-être pas la meilleure organisation », dit-elle. À voir si ces tâches seront séparées à l’avenir.


Un contexte extérieur qui ne facilite pas les choses

Ces problématiques internes s’ajoutent à un contexte externe particulièrement compliqué. La Caisse cantonale neuchâteloise d’assurance chômage, comme les autres caisses du pays, est passée à un nouveau système informatique au 1er janvier. Cette refonte a engendré de nombreux problèmes techniques qui ont fortement mis à mal le versement des indemnités de chômage en janvier à travers le pays et qui ne sont pas près d’être résolus. Le Canton de Neuchâtel a d’ailleurs avancé 50'000 francs aux assurés de la caisse. La conjoncture fait aussi que le taux de chômage grimpe et que les demandes de RHT se multiplient. Face à cela, Florence Nater salue l’engagement des collaborateurs de la CCNAC qui n’hésitent pas à faire « beaucoup d’heures et à parfois travailler le samedi ».

Si le système est désormais un peu plus stable et un peu plus rapide, la vigilance reste de mise en vue des versements de fin février, selon la conseillère d’État.

La caisse de chômage a pourtant grand besoin de stabilité pour assurer son bon fonctionnement. Les conclusions de ce mandat d’analyse pourraient toutefois susciter de la frustration chez certains collaborateurs. Le chemin de la sérénité semble ainsi encore long. /sbm


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus