L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans les entreprises : recrutement automatisé, outils de productivité, analyse de performances… Si ces technologies promettent efficacité et gain de temps, elles soulèvent aussi des questions juridiques majeures. Où se situent les limites ? Que peut faire un employeur — et que doit-il éviter ? Maître Hélène Ecoutin-Dupuy, avocate à l’étude NVLE de Neuchâtel, décrypte les enjeux.
L’IA n’est plus un gadget futuriste : elle transforme déjà en profondeur le monde du travail. Pour Maître Hélène Ecoutin-Dupuy, son arrivée était « logique », mais son encadrement juridique reste partiel : en Suisse, le droit peine encore à suivre le rythme de l’innovation. Entre absence de législation spécifique et principes généraux appliqués au cas par cas, les entreprises évoluent dans une zone grise. Cette incertitude se ressent particulièrement dans les pratiques de surveillance numérique. Si certains outils peuvent mesurer la productivité ou détecter des anomalies, leur usage doit être strictement proportionné et transparent. Dès que le monitoring devient intrusif ou touche à la sphère personnelle, il franchit la limite de l’acceptable — voire de la légalité.
Le recrutement n’échappe pas non plus à cette révolution. L’utilisation d’algorithmes pour trier des CV ou évaluer des candidats séduit par son efficacité, mais pose de sérieux défis en matière de discrimination et de fiabilité. Une IA mal paramétrée peut reproduire, voire amplifier, des biais existants… avec des conséquences juridiques importantes pour l’employeur. Quant aux employés, l’usage croissant d’outils d’IA — pour rédiger, traduire ou synthétiser — n’est pas sans risque : confidentialité des données, plagiat involontaire ou erreurs générées par l’outil. Pour l’avocate, un mot d’ordre s’impose : transparence des pratiques, règles internes claires et prudence dans l’utilisation. Car si l’IA peut devenir un allié précieux, encore faut-il savoir l’apprivoiser… et garder un œil sur ce qu’elle fait.
Les conseils d’Hélène Ecoutin-Dupuy, avocate à l’étude NVLE de Neuchâtel :
La semaine prochaine, Christophe Golay, photographe, nous expliquera comment réussir une belle photo avec un smartphone, à 8h15 dans « La Matinale ». /rde









