La situation de TransN s’améliore

Les Transports publics neuchâtelois ont pu stabiliser leur situation financière et afficher ...
La situation de TransN s’améliore

Les Transports publics neuchâtelois ont pu stabiliser leur situation financière et afficher un résultat positif en 2024. Le spectre de la recapitalisation s'éloigne. La compagnie poursuit sa mue. Elle envisage notamment de céder la concession de la ligne ferroviaire du Val-de-Travers aux CFF et de développer des synergies avec les CJ.

TransN boucle 2024 sur un résultat positif et envisage un transfert de la ligne Neuchâtel-Buttes aux CFF. ( Photo : KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT ) TransN boucle 2024 sur un résultat positif et envisage un transfert de la ligne Neuchâtel-Buttes aux CFF. ( Photo : KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT )

« Nous voulons mettre en place des bases saines pour l'avenir pour permettre de développer l'offre et de décarboner la flotte », a déclaré jeudi Céline Vara, conseillère d'État neuchâteloise en charge des transports. Un bénéfice de 650'000 francs a pu être dégagé en 2024, alors qu'une perte de 2,75 millions était attendue. L'exercice 2025 devrait aussi être bénéficiaire. Pour le moment, il n’est plus envisagé de procéder à une recapitalisation de l’entreprise. « Comme la situation s'est stabilisée, elle n'est plus nécessaire à ce jour. On financera les futurs investissements, notamment en lien avec la décarbonation de la flotte, par la voie de l'emprunt », a précisé Raphaël Comte, président du conseil d'administration.

À la suite de l'audit, mené en 2024, six groupes de travail ont été créés, composés de représentants de TransN, du Canton et du syndicat. « Nous avons voulu mettre en place des mesures structurelles pérennes sans toucher à l'offre », a expliqué Raphaël Comte.


Quid de l’exploitation de la ligne du Val-de-Travers ?

Le premier groupe de travail s'est penché sur la cession aux CFF de la voie normale de la ligne Neuchâtel-Travers-Buttes, une des recommandations faites dans l’audit externe. Pour le moment, le groupe de travail estime qu’il n’est pas nécessaire et rentable de confier l’exploitation de la ligne aux CFF. Ce transfert est envisagé d'ici à 2032, une étude est en cours. L’idée serait de céder la production, mais pas l’infrastructure, explique Raphaël Comte. « Nous avons tout intérêt à la garder, car on a des synergies avec l’infrastructure que l’on a pour la voie étroite et c’est important de les garder », relève le président du Conseil d’administration. 

Raphaël Comte : « Si c’est la meilleure solution, il n’y aura pas de problème à changer. »

Raphaël Comte précise que la condition fixée par TransN dans les discussions avec les CFF est la garantie de l’emploi. Concernant le hangar de Fleurier, affecté à l’infrastructure de la voie normale et à la production, il n’est pas prévu de s’en débarrasser. « C’est un atelier qui est extrêmement utile et intéressant !

Les synergies avec les Chemins de fer du Jura (CJ) seront également renforcées, mais il n’est pas envisagé de céder la voie étroite, soit la ligne La Chaux-de-Fonds-Les Ponts-de-Martel à l’entreprise voisine en échange de leurs lignes de bus, comme le suggérait l’audit.


Une collaboration saine entre l’État et TransN

La sérénité semble avoir été retrouvée entre le Canton de Neuchâtel et TransN. L’audit pointait du doigt un manque de coordination et de circulation de l’information entre les parties prenantes. Ce jeudi, c’est presque à l’unisson que le président du Conseil d’administration de l’entreprise et la conseillère d’État en charge des transports ont présenté les résultats du travail accompli de concert. Deux raisons expliquent cette bonne entente, selon Céline Vara. « La volonté commune d’offrir aux Neuchâtelois la meilleure offre possible, dans un contexte difficile », en premier lieu. La seconde raison est, selon la conseillère d’État, que « cet audit et le travail qui a été mené ensemble ensuite ont permis d’apaiser une certaine méfiance. »

Céline Vara : « Il y a vraiment cette volonté commune. »

Le syndicat SEV a également été intégré aux groupes de travail. Un participant très important pour Céline Vara : « On est vraiment dans la construction ensemble. »


Pas de licenciement

« Nous avons obtenu la garantie qu'il n'y aurait pas de licenciement économique du personnel concerné et que les lieux de service seraient maintenus », a expliqué Jean-Pierre Etique, secrétaire syndical du SEV. Au total, environ 60 personnes seraient concernées. Le secrétaire syndical a précisé que TransN a fourni « un immense travail » ces derniers temps pour améliorer les horaires des conducteurs et les rendre moins pénibles. L'audit avait, en effet, relevé une augmentation générale du taux d'absentéisme chez TransN, en particulier chez les conducteurs de bus. Après un pic lors du Covid, l’entreprise enregistrait encore un taux de 8% l’année dernière. Pour le directeur général ad intérim Cédric Aubry, c’est essentiel que les employés viennent au travail avec le sourire.

Cédric Aubry : « C’est un peu une deuxième famille TransN en fait. »

Des mesures pas envisagées… pour l’instant

Pour pérenniser cette amélioration de la situation, l’audit recommande notamment de redimensionner les activités de TransN, notamment en arrêtant de proposer des transports à la carte, par exemple pour des manifestations comme la Braderie de La Chaux-de-Fonds ou Festi’neuch. Une mesure pas envisagée pour l’instant par le groupe de travail.

Céline Vara : « Ce qui nous importe, c’est de privilégier l’offre pour le plus grand public. »

L’avenir pour TransN ? Continuer le travail en collaboration avec le Canton de Neuchâtel et ne pas relâcher les efforts pour faire face aux défis futurs, notamment d’électrification de la flotte. « La situation n’est jamais acquise, donc il faut être extrêmement vigilant », temporise Raphaël Comte avant de conclure : « On est prêt à faire face à ces défis. » /ATS-lgn


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