Remettre des jeunes sur les rails, c’est l’objectif de Restart. En place depuis un an dans le canton de Neuchâtel, le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle des 15-25 ans en situation de décrochage va bon train, selon un premier bilan tiré mercredi par les autorités.
De gauche à droite : Florence Nater, conseillère d’Etat en charge de l’économie et de la cohésion sociale, Crystel Graf, conseillère d’Etat en charge de l’économie et de la cohésion sociale, et Frédéric Panza, chef d’office de l’insertion des jeunes en formation professionnelle, ont tiré le bilan un an après le lancement du dispositif Restart.
Pas toujours facile de trouver sa voie lorsqu’on est jeune et en situation de décrochage. Le dispositif Restart mis en place par le Canton de Neuchâtel a été créé pour donner au 15-25 ans une porte d’entrée unique censée les guider dans leur insertion professionnelle. Les autorités ont convié la presse mercredi matin pour tirer le bilan un an après son lancement. « Et il est très positif, c’est une vraie réussite », souligne Frédéric Panza, chef d’office de l’insertion des jeunes en formation professionnelle. « Plus de 900 personnes ont pris contact avec nous. C’est au-delà de ce qu’on imaginait. Et plus de 200 ont pu signer un contrat d’apprentissage ou rejoindre une école à plein temps. C’est vraiment énorme. »
Frédéric Panza : « On a réussi à rendre un dispositif accessible, disponible et sans tracasserie administrative. »
Deux exemples d’insertion réussie
Lors de la conférence de presse, deux jeunes bénéficiaires de Restart ont partagé leur expérience. Ivan, 20 ans, a commencé sa formation début août. « Grâce à plusieurs stages, j’ai découvert qu’employé de commerce, c’était vraiment ce qui me plaisait. »
Ivan : « Après mon pré-apprentissage, qui n’a débouché sur rien, j’ai connu un moment de flottement. »
Autre témoignage, celui de Joanah 18 ans. « J’ai commencé une formation à l’école d’art, mais je l’ai arrêtée. Puis une amie m’a conseillé le SEMO (semestre de motivation Mod’emploi, un des partenaires en charge de mesures d’insertion). Et c’est à ce moment que la démarche de Restart a commencé en septembre de l’an dernier. Et depuis, ils ne m’ont pas lâché. Grâce à leur soutien et aux efforts que j’ai fournis, j’ai pu commencer ma formation en tant qu’assistante socio-éducative avec les personnes en situation de handicap. Et ça me plait ! »
Joanah : « Je souhaite à tous les jeunes qui ont été dans ma situation de pouvoir trouver leur voie. »
Assurer un suivi individualisé
Frédéric Panza relève l’amplitude du projet pour repêcher des personnes en situation de décrochage. « Si l’objectif, c’est l’insertion dans une formation, le suivi est global. On évalue tous les aspects de la vie, familiaux, personnels, relationnels, de santé. On essaie de fonctionner avec une personne de référence à long terme, qui reste la même et avec qui un lien de confiance a été créé. »
Frédéric Panza : « On pourrait faire l’analogie avec un médecin de famille pour cibler les difficultés et faire un petit bout avec les jeunes. »
Ne plus faire de Neuchâtel la lanterne rouge des jeunes sans formation
Florence Nater, conseillère d’État en charge de l’économie, est revenue sur la genèse de ce projet mené conjointement avec sa collègue en charge de la formation Crystel Graf. Un dispositif né de constats inquiétants. « Le Canton de Neuchâtel avait un taux de certification moins important que la moyenne en Suisse. Et on constatait aussi au niveau des demandeurs et demandeuses d’emploi que beaucoup de jeunes n’avaient pas de formation professionnelle. »
Florence Nater : « Aujourd’hui, plus que jamais, la formation est un sésame indispensable pour accéder au marché de l’emploi. »
Le projet pilote Restart sera pérennisé et consolidé. L’équipe qui œuvre dans le dispositif a été renforcée. Elle est désormais composée de 11 personnes. /jpp








